Un changement progressif du calcul des pensions
La réforme du calcul des pensions entrée en vigueur en 2026 modifie en profondeur la manière dont la Sécurité Sociale espagnole détermine le montant de la retraite. Jusqu'à présent, la pension était calculée à partir d'une base réglementaire obtenue en additionnant les 300 dernières bases de cotisation (soit les 25 dernières années) puis en divisant ce total par 350, intégrant ainsi le prorata des paiements extraordinaires. À compter de 2026, une période transitoire met en concurrence deux méthodes et la caisse appliquera automatiquement celle qui sera la plus avantageuse pour le futur pensionné.
Les deux méthodes mises en parallèle
Durant cette période, la Sécurité Sociale comparera :
- le système traditionnel : calcul basé sur les 300 dernières bases de cotisation (les 25 dernières années) ;
- le nouveau système : en 2026, sélection des 302 meilleures bases parmi les 304 derniers mois cotisés, en écartant les deux pires.
Ce mécanisme vise à atténuer l'effet des mauvaises années en fin de carrière qui pouvaient fortement réduire la base moyenne et, par conséquent, la pension.
Une transition qui s'étend jusqu'en 2037
La réforme prévoit une montée en puissance progressive de ce nouveau principe. L'extension se poursuivra jusqu'en 2037, année où il sera possible de calculer la pension en prenant les 27 meilleures années parmi les 29 dernières années cotisées. L'objectif affiché est d'éviter que les dernières années de carrière — parfois marquées par des emplois précaires, des arrêts ou des périodes de faibles revenus — ne pénalisent excessivement le montant final de la pension.
La base réglementaire, point de départ inchangé
Quel que soit le mécanisme retenu, le calcul part toujours d'une base réglementaire sur laquelle s'appliquera ensuite un pourcentage lié au nombre d'années cotisées et à l'âge de départ à la retraite. La nouveauté tient à la façon de déterminer cette base : soit en incluant l'ensemble des dernières périodes (méthode traditionnelle), soit en privilégiant une sélection des meilleures périodes au sein d'une fenêtre temporelle élargie (méthode alternative).
Conséquences pour les futurs retraités
Concrètement, pour un assuré, la réforme peut se traduire par une augmentation de la pension si le nouveau calcul retient des périodes plus favorables que les dernières années de la carrière. La comparaison automatique des deux méthodes sécurise donc le droit à une pension plus élevée lorsque c'est possible, sans que l'assuré ait à demander l'application de l'une ou l'autre formule.
| Année | Méthode | Détail |
|---|---|---|
| Avant 2026 | Traditionnelle | Somme des 300 dernières bases / 350 |
| 2026 (période transitoire) | Nouveau dispositif | Sélection des 302 meilleures bases parmi les 304 derniers mois (élimination de 2 pires mois) |
| 2037 | Évolution finale | Possibilité de calcul sur les 27 meilleures années parmi les 29 dernières années cotisées |
Ce qu'il reste à suivre
La mise en œuvre pratique dans les systèmes de gestion et l'information aux assurés seront déterminantes. Les assurés devront également vérifier, au moment de la liquidation, quelle méthode a été appliquée et quel est l'impact sur leur pension. Pour les personnes proches de la retraite, il faudra regarder attentivement les périodes prises en compte et, le cas échéant, anticiper les choix professionnels ou de cotisation qui peuvent influer sur la base réglementaire.