Résultats : une première historique
Nu Holdings a publié des résultats trimestriels qui traduisent une accélération de sa profitabilité : le bénéfice net a atteint 1,06 MdUSD, en hausse de 49 % et supérieur aux attentes (967 MUSD). Le groupe, présent principalement au Brésil, au Mexique et en Colombie, combine une croissance soutenue de ses revenus et une amélioration marquée de ses marges.
Le revenu managérial s'établit à 5,88 MdsUSD, soit une hausse de 39 % à changes constants et environ +9% par rapport au consensus des analystes. Le bénéfice brut progresse également, de l'ordre de +43%, signe d'un effet de levier opérationnel qui commence à se matérialiser malgré des investissements internationaux soutenus.
Utilisateurs, revenus moyens et activités de crédit
Sur le front commercial, Nu continue d'élargir sa base :
- Nombre de clients : 138,9 millions (augmentation de 13 %)
- Revenu mensuel moyen par client actif (ARPAC) : 17,10 $ (+22 %)
- Portefeuille de crédit : 39,4 MdsUSD (+37 %)
- Dépôts : 45,3 MdsUSD (+18 %)
| Indicateur | Valeur | Variation |
|---|---|---|
| Revenu managérial | 5,88 MdsUSD | +39 % (à changes constants) |
| Bénéfice net | 1,06 MdUSD | +49 % |
| Clients | 138,9 M | +13 % |
| Portefeuille de crédit | 39,4 MdsUSD | +37 % |
Qualité du crédit et risques
Les indicateurs de risque montrent une amélioration sur certaines durées, mais pas partout : les impayés entre 15 et 90 jours ont diminué, revenant à 4,8 %, tandis que les retards supérieurs à 90 jours ont augmenté à 6,9 % (contre 6,5 % précédemment). Le groupe attribue en partie la normalisation des taux d'impayés à la saisonnalité et au programme brésilien "Desenrola", dont l'effet pourrait toutefois s'atténuer dans les trimestres à venir.
Performance par marché et perspectives
Le Mexique gagne en importance stratégique. Depuis la transformation de sa filiale en banque complète début août, Nu y compte désormais 16 millions de clients, avec un ARPAC de 12,30 $, proche des niveaux atteints par des marchés mûrs. Le Brésil, plus avancé dans la monétisation, affiche un ARPAC de 5,60 $ pour des phases comparables de développement. La direction estime que le Mexique pourrait atteindre 60–70 % de la taille du marché brésilien, voire l'égaler si Nu réplique son modèle avec succès.
Implications pour les banques et marchés
Ces chiffres confirment que le modèle de néobanque peut devenir rentable à grande échelle : Nu démontre qu'une combinaison d'expansion client rapide, d'augmentation du revenu par utilisateur et de contrôle des coûts de service peut conduire à une rentabilité élevée — le ROE est passé de 29 % à 33 %. Pour les acteurs traditionnels, cela renforce la pression concurrentielle sur la tarification et l'innovation digitale. Pour les investisseurs, la marge nette d'intérêt ajustée du risque, remontée à 12,4 % (contre 9,5 % auparavant), et la baisse du coût du crédit de 9 % constituent des signaux positifs, sous réserve d'une stabilisation des créances douteuses à long terme.
En synthèse, Nu affiche des résultats historiques qui valident son modèle économique mais laissent apparaître des tensions sur la qualité du crédit. La trajectoire future dépendra de la robustesse du contrôle du risque et de la capacité du groupe à transformer ses gains de clientèle en revenus récurrents dans des marchés aussi hétérogènes que le Brésil et le Mexique.