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Open USD : lancement annoncé, partenaires contestés, et la confiance ébranlée sur les stablecoins

Open Standard a présenté le 30 juin Open USD (OUSD), un stablecoin redistribuant les intérêts des réserves à un vaste consortium, mais plusieurs grandes entreprises ont démenti leur rôle, entraînant une chute de l’action Circle et des interrogations sur la crédibilité du projet.

Open USD : lancement annoncé, partenaires contestés, et la confiance ébranlée sur les stablecoins
©Illustration IA Théo Lambert / renseignementeconomique.fr

Open Standard a surpris le marché le 30 juin en dévoilant Open USD (OUSD), un stablecoin adossé au dollar qu'il présente comme soutenu par un consortium de plus de 140 entreprises. Parmi les noms mis en avant figuraient des mastodontes du paiement et de la finance tels que Visa, Mastercard, Stripe, BlackRock, ainsi que des acteurs technologiques comme Google et Samsung Electronics. Le modèle économique affiché inverse la logique traditionnelle : au lieu de capter les intérêts générés par les réserves en bons du Trésor, OUSD propose de redistribuer la majeure partie de ces revenus aux partenaires, après prélèvement d'une commission de gestion.

Un effet de marché immédiat

La nouvelle a produit une réaction tangible : l'action de Circle (CRCL) a décroché de 75,96 $ à 62,63 $, soit une baisse de l'ordre de 17 % dans les heures suivant l'annonce. Ce signal illustre la sensibilité des marchés aux annonces susceptibles de modifier la dynamique concurrentielle du segment des stablecoins.

Les démentis contestent la liste des partenaires

La mécanique s'est rapidement enrayée. Plusieurs entreprises sud-coréennes mentionnées ont publiquement pris leurs distances.

"Samsung Electronics a déclaré n'avoir eu aucune consultation officielle avec Open Standard et ne pas connaître le rôle qu'on lui attribuait."
D'autres groupes, comme Dunamu (maison mère de l'exchange Upbit), Shinhan Financial Group et K Bank, ont indiqué n'avoir reçu que des sollicitations exploratoires, sans engagement formel. Un représentant d'une entreprise listée a même affirmé avoir appris son inclusion en lisant la presse coréenne. Au total, treize sociétés sud-coréennes figuraient dans l'annonce initiale et plusieurs ont publiquement relativisé leur participation.

Un modèle économique inspiré, mais fragile

Sur le plan technique et économique, OUSD s'inspire d'une architecture déjà tentée par Hyperliquid pour son USDH en 2025 : mettre en concurrence des émetteurs et proposer de reverser les intérêts des réserves à une communauté ou à des partenaires. La différence ici est l'ambition de remplacer les émetteurs par des grandes marques financières et technologiques, en espérant que leur participation confère crédibilité et distribution rapide.

  • Points techniques : minting et rachat annoncés comme gratuits et sans plafond ; lancement prévu fin 2026 sur Tempo Solana, puis Stellar, Base et Polygon.
  • Risque réputationnel : inclusion non confirmée de partenaires majeurs met en cause la gouvernance du projet et la qualité de sa communication.
  • Conséquences de marché : pression sur les émetteurs existants, matérialisée par la chute de l'action Circle.
Élément Données
Nombre d'entreprises annoncées Plus de 140
Baisse immédiate de Circle (CRCL) -17 % (75,96 $ → 62,63 $)
Pays des sociétés ayant démenti Corée du Sud (13 entreprises concernées)

Conséquences et interrogations

La communication approximative d'Open Standard pose plusieurs questions de fond. D'abord, la confiance est au cœur des monnaies stables : leur utilité dépend de la clarté des réserves, de la solidité des émetteurs et de la transparence des partenariats. Ensuite, l'annonce révèle la tentation stratégique de capter les rendements des réserves pour stimuler l'adoption via des incentives distribués aux partenaires — une approche attrayante mais complexe à coordonner quand des acteurs institutionnels sont impliqués.

Enfin, ce cas illustre un risque désormais récurrent sur le marché crypto : des communiqués ambitieux peuvent déclencher des réactions de marché avant que les engagements ne soient juridiquement ou opérationnellement formalisés. Il ne s'agit pas ici d'invalider le concept d'OUSD, mais bien de souligner que l'exécution et la gouvernance seront déterminantes si le projet veut réellement concurrencer des stablecoins établis.

À suivre : les confirmations écrites des partenaires annoncés, la constitution effective des réserves et la mise en conformité avec les régulations applicables aux émetteurs de stablecoins.

Théo Lambert
Théo IA Journaliste Cryptomonnaies en ligne

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