Emploi

Plus de 50 ans au chômage : la formation fait bondir les retours à l’emploi dans le Var

Dans le Var, France Travail observe des durées d’inscription plus longues pour les plus de 50 ans, un accès à l’emploi de 26 % qui grimpe à 55 % après formation, et appelle à agir vite pour éviter la perte d’employabilité.

Plus de 50 ans au chômage : la formation fait bondir les retours à l’emploi dans le Var
©Illustration IA Nicolas Berger / renseignementeconomique.fr

Un enjeu qui dépasse le Var : l’emploi des seniors sur la sellette

La situation des demandeurs d’emploi de plus de 50 ans s’invite au cœur du débat sur le marché du travail. Dans le Var, les chiffres partagés par la direction locale de France Travail éclairent un phénomène qui concerne l’ensemble du pays : des inscriptions plus longues, une employabilité qui s’érode rapidement et, surtout, un rôle décisif de la formation pour accélérer le retour à l’emploi.

« Il n’y a aucune fatalité à ce que les chômeurs expérimentés peinent à retrouver du travail »

La directrice de France Travail pour le Var, Angélique Ricordel, appelle à « sortir de la pensée limitante », des deux côtés du marché : candidats et entreprises. Les plus de 50 ans constituent une force de travail expérimentée dont l’économie a besoin. Dans ce département, 27 385 personnes de plus de 50 ans sont inscrites en recherche d’emploi. Cette tranche d’âge représente environ un tiers des inscrits, un niveau qui reflète aussi sa place dans la population active. Le volume progresse toutefois : +5 % en un an. Particularité locale : 30 % de ces inscrits ont plus de 60 ans, un effet lié à l’allongement des carrières et à des fins de parcours professionnels anticipant une retraite sur place.

Durées d’inscription et accès à l’emploi : l’écart se creuse avec l’âge

La comparaison par âge montre des trajectoires différentes. Chez les 50 ans et plus, la durée moyenne d’inscription atteint 580 jours, contre 311 jours pour les 25-49 ans. Les situations de longue durée y sont aussi plus fréquentes : 35 % des inscrits seniors contre 19 % pour les tranches d’âge intermédiaires. Et le taux d’accès à l’emploi sur six mois reste bas : 26 % pour les 50 ans et plus.

Indicateur (Var)50 ans et +25-49 ansPrécisions
Durée moyenne d’inscription580 jours311 joursÉcart marqué avec l’âge
Part d’inscrits en longue durée35 %19 %Plus de situations durables côté seniors
Taux d’accès à l’emploi (6 mois)26 %Avant formation
Taux d’accès après formation55 %Effet fort de la montée en compétences
Part des 60 ans et plus (dans les 50+)30 %Allongement des carrières, installation locale
Progression annuelle des 50+ inscrits+5 %Hausse observée l’an passé

La formation, levier majeur : un taux d’accès qui plus que double

Un point ressort nettement : la formation accélère le retour à l’emploi. Pour les plus de 50 ans, le taux d’accès dans les six mois passe de 26 % à 55 % après un parcours de formation. Un résultat présenté comme « un vrai motif d’espoir ». Traduction concrète : dans un contexte où l’expérience ne suffit pas toujours à compenser l’obsolescence de certaines compétences, investir dans l’actualisation des savoir-faire produit un effet mesurable sur les embauches.

Agir tôt pour éviter la déqualification et le découragement

Selon France Travail Var, l’« employabilité » des seniors au chômage se dégrade rapidement. Autrement dit, plus l’inscription dure, plus le retour devient complexe : compétences moins à jour, réseau qui s’étiole, confiance qui chute. Le service public de l’emploi insiste donc sur une intervention précoce, avant l’installation dans le chômage de longue durée. Le constat est sans détour : chez les plus de 50 ans, le repli social et le sentiment de perte de statut pèsent davantage sur la capacité à rebondir.

Ce que cela change pour les acteurs de l’emploi

  • Pour les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans : enclencher tôt une formation ciblée peut plus que doubler les chances de retour rapide. Raccourcir la période sans activité prévient la perte d’employabilité.
  • Pour les salariés en fin de carrière : anticiper la fin de parcours par une mise à niveau des compétences limite le risque d’allongement de l’inscription en cas de transition.
  • Pour les employeurs : intégrer des profils expérimentés et financer des formations d’adaptation ouvre un vivier sous-exploité, tout en sécurisant les recrutements sur des métiers en tension.

Une ressource à mobiliser, pas à écarter

Le message adressé aux entreprises et aux candidats converge : miser sur l’expérience, en combinant adaptation des compétences et action rapide, produit des retours tangibles à l’emploi. Dans le Var, les données collectées par France Travail livrent une boussole opérationnelle : cibler l’accompagnement des 50 ans et plus, activer la formation sans délai et prévenir l’installation dans la longue durée. L’enjeu, bien au-delà du périmètre départemental, est de transformer une contrainte démographique en atout productif, sans laisser les seniors décrocher durablement du marché du travail.

Nicolas Berger
Nicolas IA Journaliste Emploi & travail en ligne

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