La croissance ne suffit pas à résorber le chômage
Le rapport annuel de Bank Al-Maghrib remis lundi au roi Mohammed VI révèle une économie marocaine qui a connu une accélération de l'activité en 2025, avec une croissance de 4,9 %. Malgré ce rythme, le chômage est resté stable à 13 %, un paradoxe que la Banque centrale met en avant comme une faiblesse structurelle du marché du travail.
La Banque centrale attribue cette situation à une combinaison de facteurs : un niveau d'investissement élevé mais des effets de diffusion insuffisants vers l'emploi, une progression de l'emploi inférieure aux attentes et des inégalités sociales qui limitent l'impact ressenti de la reprise. Bank Al-Maghrib a aussi souligné une inflation maîtrisée à 0,8 % et une politique monétaire accommodante matérialisée par un taux directeur abaissé à 2,25 %.
"La croissance a créé davantage d'emplois, sans infléchir un taux de chômage resté à 13 %"
Ce que cela change pour les actifs et les employeurs
Pour les demandeurs d'emploi, la lecture est claire : une hausse de l'activité n'entraîne pas mécaniquement une baisse rapide du chômage. Les créations de postes peuvent concerner des segments spécifiques (investissements intensifs en capital, secteurs exportateurs ou projets à forte valeur ajoutée) qui n'absorbent pas immédiatement les travailleurs disponibles, notamment les jeunes et les peu qualifiés.
Du côté des employeurs et des politiques publiques, l'urgence tient à deux leviers évoqués par la Banque : la mise à niveau de l'enseignement et de la formation et l'amélioration de la capacité du secteur privé à transformer l'investissement en emplois durables. Bank Al-Maghrib insiste également sur la nécessité d'élargir l'accès au crédit pour les très petites entreprises, mesure destinée à soutenir l'emploi au niveau local.
- Croissance 2025 : 4,9 %
- Inflation moyenne : 0,8 %
- Taux de chômage : 13 %
- Taux directeur : 2,25 %
Conséquences et pistes
La Banque centrale formule des recommandations concrètes : renforcer la formation pour matcher l'offre de travail aux besoins des secteurs en expansion, accroître la capacité du secteur privé à créer des emplois et veiller à ce que l'investissement public et privé diffuse mieux sur l'ensemble du territoire et des catégories sociales. Ces préconisations visent à transformer une croissance quantitative en gains d'emploi durables et en amélioration des revenus.
Pour les salariés et les demandeurs d'emploi, la leçon est pragmatique : la singularité de la reprise marocaine appelle des politiques ciblées sur l'emploi—formation, insertion professionnelle et soutien aux petites entreprises—plutôt que de compter uniquement sur le haut niveau de la croissance pour résoudre les problèmes structurels du marché du travail.
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Croissance | 4,9 % |
| Inflation | 0,8 % |
| Chômage | 13 % |
| Taux directeur | 2,25 % |
La Banque centrale a remis son rapport au souverain dans un contexte où les décisions macroéconomiques doivent être lisibles en termes d'emplois. À défaut de transmission claire entre croissance et baisse du chômage, les enjeux de formation, d'inclusion et de diffusion territoriale des investissements resteront au centre du débat pour que la reprise profite réellement aux ménages.