Un budget important pour des modules jugés parfois inadaptés
Le canton de Vaud a dépensé près de 12 millions de francs en 2025 pour des cours destinés aux demandeurs d’emploi sur des sujets tels que le CV, la lettre de motivation ou la préparation aux entretiens. Ce montant représente environ un sixième des 73 millions alloués par l’assurance chômage vaudoise aux mesures d’accompagnement la même année. Le dispositif vise à soutenir les personnes en recherche d’emploi mais suscite des critiques venant de bénéficiaires et d’observateurs.
Des bénéficiaires qui interrogent l’efficience des formations
Plusieurs participants estiment que ces modules sont trop génériques et peinent à intégrer les évolutions du marché du travail, notamment l’impact des outils numériques et de l’intelligence artificielle sur les recrutements. Le reportage cité par 24 Heures donne l’exemple d’un ancien cadre bancaire contraint de suivre un atelier basique sur le CV alors qu’il disposait déjà d’une expérience d’accompagnement d’autres chercheurs d’emploi.
« 24 Heures » cite le cas de Sébastien, un ancien cadre bancaire contraint de suivre un cours sur les CV et les entretiens d’embauche.
Un public hétérogène, des besoins divers
Les autorités vaudoises rappellent que ces formations jouent un rôle d’inclusion, notamment pour près de 50 % des demandeurs d’emploi qui sont allophones dans le canton. Pour ces publics, l’accompagnement basique peut constituer une porte d’entrée nécessaire vers l’emploi. Mais l’administration reconnaît aussi la limite d’un format unique face à des profils très variés.
Des ajustements engagés
Confronté aux critiques, le canton assure avoir lancé des projets pilotes visant à adapter l’offre de formation aux besoins actuels. L’objectif annoncé est double: conserver un filet d’accompagnement pour les publics fragiles tout en développant des modules plus avancés pour des profils expérimentés ou spécialisés, et intégrer des compétences numériques et une sensibilisation aux outils de recrutement automatisés.
Ce que cela change pour les demandeurs d’emploi et les employeurs
Pour les demandeurs d’emploi, la question est simple: recevoir une formation qui corresponde réellement à leur niveau et aux attentes des recruteurs. Un module trop général peut représenter une perte de temps pour certains, mais rester utile pour d’autres, notamment les allophones. Pour les employeurs, la multiplication de contenus standardisés risque d’alourdir l’offre sans améliorer la qualité des candidatures.
- Budget consacré aux cours de recherche d’emploi en 2025: 12 millions de francs.
- Total des mesures d’accompagnement de l’assurance chômage en 2025: 73 millions de francs.
- Part des demandeurs d’emploi allophones dans le canton: environ 50 %.
| Poste | Montant / part |
|---|---|
| Cours de recherche d'emploi | 12 M CHF |
| Mesures d'accompagnement (total) | 73 M CHF |
| Demandeurs d'emploi allophones | ~50% |
La discussion engagée à Vaud illustre un dilemme partagé: comment répartir des moyens publics limités entre accompagnement de base pour les plus fragiles et formations ciblées répondant aux besoins d’un marché du travail transformé? Les corrections en cours — projets pilotes et révision des contenus — sont une réponse pragmatique, mais l’efficacité réelle dépendra des critères d’évaluation et de l’adaptation continue aux technologies de recrutement.
À l’heure où les politiques d’emploi cherchent à concilier inclusion et performance, le cas vaudois montre l’importance de calibrer finement les offres de formation pour que chaque franc public dépensé produise un retour tangible pour les demandeurs d’emploi et les entreprises.