Des élus RN déclarent des fermetures de comptes post-élection
Au moins quatre députés du Rassemblement national affirment avoir reçu, peu après leur élection aux législatives de 2022, un courrier de leur banque annonçant la fermeture de leurs comptes. Sont cités : Stéphane Rambaud (Var), Jean-Philippe Tanguy (Somme), Franck Allisio (Bouches-du-Rhône) et Thomas Ménagé (Loiret). Tous indiquent ne pas avoir obtenu d’explication sur la motivation de cette décision. Ces témoignages interviennent alors que le RN n’a, à ce stade, pas convaincu une banque française de lui prêter pour la présidentielle de 2027.
Ce que les intéressés rapportent
Les élus concernés évoquent des courriers de clôture reçus de la part de leurs établissements, après des années de relation bancaire pour certains. L’un d’eux cite un message laconique reçu de sa banque :
« Nous n'avons plus convenance à maintenir nos relations commerciales »
Un autre indique que ses comptes et livrets, ouverts depuis sa majorité, ont été visés, sans justification détaillée selon lui.
Statut PPE et obligations de vigilance
En devenant parlementaires, ces élus acquièrent le statut de PPE (personne politiquement exposée) au sens bancaire. Selon le site de la Banque de France, ces profils sont considérés comme « exposés à des 'risques plus élevés' de blanchiment de capitaux » par les établissements. Cette qualification entraîne des contrôles renforcés et peut conduire certains acteurs à reconsidérer la relation commerciale, notamment si l’analyse interne des risques s’en trouve modifiée.
Les faits rapportés, présentés de manière comparative
| Député | Département | Action de la banque | Motif communiqué |
|---|---|---|---|
| Stéphane Rambaud | Var | Clôture annoncée | Non précisé |
| Jean-Philippe Tanguy | Somme | Clôture annoncée | Non précisé |
| Franck Allisio | Bouches-du-Rhône | Clôture annoncée | Non précisé |
| Thomas Ménagé | Loiret | Clôture annoncée | Non précisé |
Les députés concernés estiment que leur appartenance au RN a pesé, sans que cette interprétation soit corroborée par des éléments fournis par les banques citées dans ces témoignages.
Conséquences pratiques pour les clients concernés
La fermeture d’un compte courant impose de transférer domiciliation et moyens de paiement vers un autre établissement, sous contrainte de délais parfois courts. Pour des PPE, l’ouverture d’un nouveau compte peut impliquer des vérifications supplémentaires et des exigences documentaires accrues. Les élus indiquent, pour certains, être clients historiques de leur banque, ce qui souligne un changement de politique de relation intervenu après leur élection.
Un climat bancaire plus prudent
Ces cas individuels s’inscrivent dans un contexte où les établissements financiers déclarent renforcer leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. La catégorie PPE commande une vigilance renforcée, qui peut se traduire par des revues périodiques plus fréquentes et, le cas échéant, par la décision de cesser une relation commerciale. L’absence de motif détaillé dans les courriers rapportés par les députés souligne toutefois un manque de transparence ressenti par les clients, qui disent ne pas comprendre la base de ces décisions.
Points à surveiller
- Évolution des pratiques des banques vis-à-vis des PPE, notamment les critères internes de risque.
- Accès au financement des partis et des candidats à l’approche de 2027.
- Modalités d’information des clients lors des clôtures unilatérales de comptes.
Contactées par les journalistes cités en source, la questure et la présidence de l’Assemblée nationale ont été sollicitées. Aucune précision supplémentaire n’est rapportée à ce stade sur d’éventuels dispositifs spécifiques aux élus concernés.