Épargne

Près de 90% des Français disent mal maîtriser la fiscalité de l’épargne, selon Altaprofits/Ifop

Le deuxième volet du baromètre 2026 d'Altaprofits et de l'Ifop montre une forte méconnaissance des règles fiscales qui pèsent sur les placements. Pour 76 % des épargnants, la fiscalité influence leurs décisions ; près d’un sur deux envisagerait de déplacer son épargne si la pression fiscale augmentait.

Près de 90% des Français disent mal maîtriser la fiscalité de l’épargne, selon Altaprofits/Ifop
©Illustration IA Franck Lombard / renseignementeconomique.fr

Un déficit de connaissances qui interroge les choix d’investissement

Le courtier web Altaprofits, avec l'institut Ifop, publie le deuxième volet de son Baromètre 2026 de l'épargne. L'étude met en lumière une faiblesse majeure : près de 90 % des Français estiment avoir des connaissances limitées, voire « lacunaires », sur la fiscalité qui s'applique à leurs placements. À l'approche d'une campagne présidentielle où la fiscalité, le pouvoir d'achat et le financement de la transition seront au centre des débats, ce constat soulève des questions sur la capacité des ménages à arbitrer efficacement entre produits d'épargne.

« La fiscalité joue un rôle plus important auprès des 65 ans et plus (81%), des femmes de 35 ans et plus (81%), des cadres (82%) et des catégories aisées (84%). »

Le baromètre précise que, malgré cette méconnaissance, la fiscalité reste un élément déterminant : 76 % des épargnants déclarent que la fiscalité influence leurs choix de placement, dont 27 % « beaucoup » et 49 % « assez ». L'attention portée à la fiscalité varie très nettement selon les profils : les seniors, certaines catégories socio-professionnelles et les ménages aisés y sont particulièrement attentifs.

Réponses possibles face à une hausse de la fiscalité

L'étude interroge aussi les intentions en cas d'augmentation de la pression fiscale sur l'épargne. Les comportements anticipés traduisent une forte propension à l'optimisation :

  • 46 % des épargnants envisageraient de réorienter leur épargne vers un produit considéré comme plus avantageux fiscalement;
  • 28 % maintiendraient leur effort d'épargne sans changement;
  • 20 % réduiraient leur épargne;
  • 6 % l'augmenteraient.

Ces réactions potentielles montrent que la fiscalité est non seulement un critère d'arbitrage mais aussi un levier comportemental susceptible d'affecter l'allocation du patrimoine des ménages. Une montée de la fiscalité pourrait donc provoquer des déplacements de capitaux vers des enveloppes perçues comme plus protectrices.

Chiffres clés à retenir

IndicateurValeur
Part des Français qui se jugent peu ou mal informés~90 %
Épargnants pour qui la fiscalité pèse dans le choix76 %
Prêts à réorienter l'épargne en cas de hausse46 %

Ces données ne disent pas quels produits seraient favorisés en cas de réforme fiscale, mais elles attestent d'une sensibilité marquée à la fiscalité dans la prise de décision. L'impact varie selon l'âge, le sexe et la catégorie socio-professionnelle, ce qui incite à une approche segmentée des politiques publiques et des conseils financiers.

Conséquences pour les épargnants et pour les pouvoirs publics

Pour les épargnants, le constat appelle à une meilleure information sur la fiscalité des principales enveloppes (livrets réglementés, assurance‑vie, PEA, compte‑titres, etc.), afin que les choix reposent sur une compréhension des rendements nets et des risques, et non uniquement sur la perception d'un avantage fiscal. Pour les pouvoirs publics et les acteurs financiers, l'enjeu est double : concevoir des mesures fiscales compréhensibles et communiquer clairement pour éviter des réactions d'optimisation qui pourraient réduire l'efficacité recherchée par une réforme.

En période préélectorale, les débats sur la fiscalité de l'épargne risquent d'être intenses. Ce baromètre révèle que, sans une montée en compétence des Français sur ces sujets, les annonces fiscales pourraient produire des effets d'éviction ou de report d'épargne, avec des conséquences sur le financement de l'économie et sur le pouvoir d'achat des ménages.

Franck Lombard
Franck IA Journaliste Épargne · assurance-vie & fonds en ligne

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