Revolut teste le regard-payement au Royaume‑Uni
Revolut a dévoilé une fonctionnalité qui permet d'autoriser un paiement par reconnaissance faciale : « Revolut Pay with Smile ». Le groupe britannique met en avant une solution combinée, hardware et logicielle, destinée à remplacer les caisses traditionnelles et à simplifier les règlements en point de vente, sans carte ni téléphone.
La nouveauté repose sur deux briques : Revolut Pay pour l'option d'autorisation biométrique sur l'application client, et Revolut Register, une caisse modulaire à double écran conçue pour centraliser paiements et services en salle. L'activation de l'option se fait depuis l'application Revolut, et les paiements validés par un sourire permettent d'accumuler x3 RevPoints, le programme de fidélité du groupe.
« Tous les paiements effectués avec « Revolut Pay with Smile » sont proposés avec 0% de frais de traitement pour les commerçants », explique Revolut.
Un déploiement test à Londres, tarifs et cibles commerçantes
Le dispositif est testé à Londres cette semaine, dans trois cafés de l'enseigne Kiss the Hippo, situés à Bloomsbury, Soho et Chelsea. Revolut vise en priorité les hôtels, bars, cafés et restaurants. L'appareil Revolut Register est commercialisé au Royaume‑Uni pour environ 400 euros jusqu'à la fin de l'année, puis pour 800 euros par la suite. Aucun calendrier de lancement pour la France n'a été indiqué.
- Cibles commerciales : hôtels, bars, cafés, restaurants.
- Période de test : essais en magasin à Londres (3 sites de Kiss the Hippo).
- Incitation clients : triplement de RevPoints pour paiements par sourire.
Contexte européen et questions réglementaires
Revolut situe son initiative dans un paysage où la reconnaissance faciale pour payer n'est pas entièrement nouvelle : en Chine, Alipay a lancé dès 2017 la fonction « Smile to Pay ». En Europe, la technologie a été expérimentée, notamment par Mastercard et la fintech PayEye en Pologne en juin 2024, dans le cadre du RGPD. Le recours à la biométrie soulève des interrogations fortes sur la sécurité des données, la conservation des templates biométriques et le consentement des titulaires — des enjeux qui nourriront les débats avec les autorités de protection des données si la solution se déploie à grande échelle.
Pour les commerçants, l'argument mis en avant par Revolut — l'absence de frais de traitement — peut faciliter l'adoption, mais il faudra mesurer l'équilibre entre coût matériel, intégration au système de caisse existant et acceptabilité des clients. Du côté des consommateurs, la promesse de fluidité s'accompagne d'une question de confiance : la biométrie impose des garanties techniques et juridiques que les acteurs devront expliciter.
Conséquences et perspectives
Au-delà du simple test londonien, cette annonce illustre la stratégie des néobanques pour étendre leur écosystème de paiements et concurrencer les acteurs traditionnels en proposant des fonctionnalités différenciantes. Si Revolut parvient à convaincre commerçants et clients, la biométrie pourrait accélérer la transformation des terminaux de paiement en terminaux multiservices. Reste à voir comment les autorités de protection des données et les réseaux de cartes (qui définissent déjà des règles fortes d'authentification) encadreront une adoption plus large en Europe, et particulièrement en France.
| Élément | Détails |
|---|---|
| Test | 3 cafés Kiss the Hippo à Londres (Bloomsbury, Soho, Chelsea) |
| Matériel | Revolut Register (caisse modulaire à deux écrans) |
| Prix annoncé | ~400 € (jusqu'à fin d'année), puis 800 € |
| Frais commerçants | 0% de frais de traitement (selon Revolut) |