La FAO sonne l'alarme : conditions réunies pour une hausse des prix alimentaires
L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) avertit qu'une nouvelle flambée des prix alimentaires est probable à la fin de 2026 et au début de 2027. Selon l'économiste en chef de l'organisation, plusieurs facteurs convergent pour créer une sorte de « tempête parfaite » : conflits (notamment en Iran et en Ukraine), perturbations des approvisionnements d'engrais et de carburants, et effets climatiques liés au phénomène El Niño. Ces éléments devraient d'abord pousser à la hausse les prix des matières premières agricoles, puis, avec un décalage, les prix à la consommation.
Après la forte poussée des prix alimentaires en 2022, qui a été l'un des principaux moteurs de l'inflation mondiale, les marchés avaient connu un relatif apaisement début 2026. Ce répit est aujourd'hui jugé temporaire : la hausse du prix du pétrole brut, la réduction des apports d'engrais venant du Golfe et des pénuries localisées de diesel accroissent les coûts de production et de transport.
« Je m’attends à ce que les prix des matières premières commencent à augmenter davantage dès maintenant... et que les prix alimentaires commencent à progresser d’ici la fin de l’année. L’an prochain, ils augmenteront à coup sûr encore davantage », a déclaré Maximo Torero.
La transmission entre prix des matières premières agricoles et prix alimentaires finaux ne se fait pas instantanément : la FAO rappelle un délai moyen estimé à trois à six mois. Autrement dit, une hausse des cours des céréales, des huiles ou des engrais observée à l'automne 2026 pourrait se traduire par une montée des prix dans les rayons au cours de l'hiver 2026-2027 et surtout en 2027.
Quels facteurs concrets alimentent la hausse ?
- Conflits géopolitiques : perturbations des routes maritimes et fourniture d'intrants (engrais, carburants).
- Coûts énergétiques : hausse du prix du pétrole qui augmente le coût des intrants et du transport.
- Conditions climatiques : El Niño, source d'événements météorologiques extrêmes, qui pèse sur les rendements agricoles.
- Réduction des approvisionnements : limites à la disponibilité d'engrais importés de la région du Golfe.
Ces éléments combinés affectent à la fois l'offre (rendements, disponibilité des intrants) et les coûts de production, augmentant la probabilité d'une montée des cours des principales matières premières agricoles (blé, maïs, riz, huiles). Même si certaines récoltes récentes restent satisfaisantes, elles ne suffiront peut‑être pas à compenser les tensions à venir.
Impacts attendus pour les consommateurs et les économies
Pour le consommateur, la conséquence directe est une pression accrue sur le pouvoir d'achat, notamment pour les ménages modestes pour qui l'alimentation pèse une part importante du budget. Pour les économies, une hausse durable des prix alimentaires peut entretenir l'inflation globale et compliquer la conduite de la politique monétaire : des banques centrales déjà vigilantes face à l'inflation devront distinguer entre hausse des prix liée à la demande et chocs d'offre sur les denrées alimentaires.
| Facteur | Effet attendu |
|---|---|
| Conflits (Iran, Ukraine) | Risque de réduction des exportations et hausse des coûts logistiques |
| Prix du pétrole | Augmentation des coûts d'engrais, carburant, transport |
| El Niño | Baisse des rendements dans certaines régions clés |
Les décideurs publics et les acteurs du secteur alimentaire seront attentifs dans les prochains mois aux indicateurs de prix des matières premières et aux niveaux de stocks. Des politiques d'atténuation (subventions ciblées, filets sociaux, mesures de soutien aux producteurs) pourront être nécessaires pour limiter l'impact sur les ménages vulnérables.
Au plan international, la situation rappellera la fragilité des chaînes d'approvisionnement agricoles face aux chocs géopolitiques et climatiques et la dépendance à des intrants importés. La FAO met en garde : sans actions coordonnées, la combinaison de ces facteurs pourrait entraîner une reprise de l'inflation alimentaire qui pèserait sur la stabilité économique et sociale dans de nombreuses régions du monde.