Une jeune pousse tunisienne affiche une ambition claire : transformer la manière dont on conçoit, restaure et transmet le bâti en combinant intelligence artificielle et méthodes numériques de construction. Riyasol, fondée par Asma Ferchichi, propose des outils qui veulent dépasser la seule performance énergétique pour inscrire la durabilité dans le patrimoine, la formation et l'impact social.
Une vision qui relie technologie et héritage culturel
Riyasol prétend conjuguer innovation technique et valorisation culturelle : l'usage de l'IA et du BIM sert non seulement à concevoir des bâtiments plus sobres, mais aussi à repenser des projets de réhabilitation qui respectent les caractéristiques patrimoniales. La dirigeante insiste sur la nécessité d'une démarche ouverte, impliquant des acteurs publics et des institutions culturelles pour ancrer la durabilité dans des stratégies territoriales.
« Nous souhaitons collaborer avec plusieurs types d'acteurs, car pour nous, la durabilité ne se limite pas à l'efficacité énergétique : elle doit aussi intégrer le patrimoine, la formation et l'impact social »
Une stratégie d'écosystème : ONG, institutions et organismes internationaux
La startup interpelle explicitement plusieurs parties prenantes : ONG opérant dans les zones rurales, directions régionales des affaires culturelles, centres de patrimoine et organisations internationales comme l'UNESCO. L'idée est de mêler expositions, programmes de formation et projets concrets de réhabilitation pour diffuser une approche inclusive de l'architecture durable.
- Approche : IA + BIM pour la planification et la réhabilitation durable.
- Cible : institutions publiques, acteurs culturels, ONG, professionnels de la construction.
- Ambition régionale : expansion au Maghreb, au Moyen-Orient et en Afrique de l'Ouest.
Des marchés choisis, mais des défis concrets
Riyasol s'appuie sur une connaissance des cadres réglementaires locaux pour opérer sur son marché domestique. La société envisage des développements au Maroc et en Algérie, ainsi qu'au Moyen-Orient (Arabie Saoudite) et en Afrique subsaharienne (Sénégal, Côte d'Ivoire). Ces marchés présentent des opportunités liées à l'urbanisation rapide et à la digitalisation du secteur de la construction, mais aussi des barrières : standards techniques, financements publics ou privés, et capacités de formation des acteurs locaux.
| Territoires cités | Motif d'intérêt |
|---|---|
| Tunisie | Marché de référence, connaissance réglementaire |
| Maroc, Algérie | Proximité géographique et culturelle |
| Arabie Saoudite | Programmes de modernisation (Vision 2030 évoquée) |
| Sénégal, Côte d'Ivoire | Urbanisation rapide, besoins en solutions durables |
Quel modèle économique pour faire converger patrimoine et technologie ?
Le positionnement de Riyasol interroge le modèle de création de valeur : vendre des licences logicielles, proposer des prestations de conseil et d'ingénierie, ou former et co-construire des programmes avec des institutions publiques et culturelles ? La montée en puissance dépendra de la capacité de la startup à monétiser ses outils tout en nouant des partenariats durables avec des financeurs publics et privés.
La trajectoire de Riyasol illustre un mouvement plus large : l'utilisation de l'intelligence artificielle pour soutenir des politiques de construction soutenables, mais aussi la nécessité d'un écosystème — régulateurs, institutions patrimoniales, acteurs de la société civile — pour transformer une vision en politiques publiques et projets tangibles.