Des anticipations en baisse, un signal rassurant pour la Banque d'Angleterre
Les anticipations d'inflation des ménages britanniques ont poursuivi leur recul en juillet, selon une enquête conjointe menée par la banque américaine Citi et l'institut de sondage YouGov. Ces évolutions, observées tant à court terme qu'à plus long terme, offrent un contexte plus apaisé aux responsables de la Banque d'Angleterre (BoE), qui surveillent de près ces indicateurs pour juger du caractère durable des pressions inflationnistes.
Sur l'horizon le plus scruté par la banque centrale, soit cinq ans ou plus, les attentes ont diminué à 3,7 % en juillet contre 3,9 % en juin. À un an, indicateur davantage sensible aux variations récentes des prix de l'énergie et des carburants, les anticipations se sont établies à 3,4 %, contre 3,8 % le mois précédent.
| Horizon | Juillet | Juin (précédent) |
|---|---|---|
| 1 an | 3,4 % | 3,8 % |
| 5 ans et plus | 3,7 % | 3,9 % |
Pourquoi ces chiffres comptent
Les anticipations d'inflation influencent les décisions des ménages et des entreprises — fixation des salaires, indexation de contrats, comportements d'épargne et d'investissement — et servent de boussole pour la politique monétaire. Une hausse durable des anticipations peut conduire une banque centrale à relever ses taux pour enrayer un emballement des prix. À l'inverse, une décrue contribue à réduire la probabilité de nouvelles hausses de taux.
La BoE, qui avait déjà marqué une pause dans son cycle de resserrement des taux plus tôt dans l'année en raison d'une flambée des prix de l'énergie liée au conflit en Iran, devrait trouver dans ces chiffres un élément de confirmation. Des anticipations en baisse à moyen terme réduisent le risque que l'inflation s'ancre structurellement dans l'économie.
Un risque persistant lié aux prix à la pompe
Les observateurs restent cependant prudents. L'envolée des coûts énergétiques avait été l'un des moteurs de l'inflation récente, et une remontée différée des prix à la pompe pourrait, selon les analystes, provoquer une légère remontée des attentes.
"Tout comme pour les prix du gaz, il subsiste un risque qu'une hausse différée des prix à la pompe puisse déclencher une légère augmentation des anticipations", a déclaré Callum McLaren‑Stewart, économiste chez Citi.
Pour autant, Citi note que les prix à la pompe réagissent rapidement aux cours du pétrole brut et que l'ampleur de la hausse observée en juillet reste bien inférieure à celle du deuxième trimestre, ce qui tempère le risque d'un impact majeur sur les anticipations.
Conséquences pratiques pour les ménages et les entreprises
- Pour les ménages : une baisse des anticipations à moyen terme peut freiner les revendications salariales et réduire les hausses de prix attendues sur les biens et services.
- Pour les entreprises : des prévisions d'inflation modérées facilitent la planification des coûts et la fixation des prix, limitant les réflexes d'indexation automatique.
- Pour la politique monétaire : la BoE est incitée à maintenir sa position actuelle si la tendance se confirme, mais reste attentive aux chocs énergétiques.
Enfin, une enquête distincte menée auprès des entreprises britanniques, publiée la semaine précédente, montrait déjà des prévisions de hausses de prix et de salaires plus modérées, ce qui consolide l'interprétation d'une désinflation progressive dans les comportements économiques.
Au vu de ces éléments, la Banque d'Angleterre devrait garder ses taux inchangés lors de sa réunion imminente, sauf nouvelle détérioration inattendue des prix de l'énergie.