Des salaires en hausse, mais des gains réels limités
La dernière note de la Dares montre une augmentation globale des rémunérations de 2 % sur un an au deuxième trimestre 2026. Cette progression dépasse l'inflation mesurée en juin, à 1,7 %, mais reste modeste au regard des incertitudes économiques et des hausses de prix prévues pour la fin d'année et 2027.
Concrètement, pour un foyer ou un salarié : si vous touchez 2 000 € net par mois, une hausse de 2 % représente un gain d'environ 40 € mensuels. C'est un supplément palpable, mais qui peut vite être absorbé par une augmentation du coût de l'énergie ou de l'alimentation.
Des secteurs et catégories inégalement servis
Les gains ne sont pas uniformes. L'indice du salaire mensuel de base a progressé de 0,7 % sur le trimestre, avec des différences sectorielles marquées :
- Industrie : +0,9 %
- Tertiaire : +0,7 %
- Construction : +0,5 %
| Catégorie | Progression trimestrielle (SMB) | Progression sur un an |
|---|---|---|
| Employés | +1,0 % | +2,3 % |
| Ouvriers | +0,8 % | +1,9 % |
| Cadres | +0,6 % | +1,9 % |
| Professions intermédiaires | +0,5 % | +1,8 % |
Hausse moyenne, mais projections en deçà de l'inflation
Si ces variations annuelles peuvent sembler favorables pour certaines catégories (les employés affichent +2,3 %), les prévisions salariales des entreprises restent prudentes : le cabinet Alixio anticipe une augmentation moyenne de 1,9 % pour 2026 et 2,3 % pour 2027. Ces niveaux se situent toutefois en dessous des prévisions d'inflation annoncées, ce qui fragilise le gain réel de pouvoir d'achat.
Des inquiétudes sociales persistantes
Les chiffres sociaux récents ajoutent un relief préoccupant : une enquête du Secours populaire indiquait que 40 % des actifs estimaient leur rémunération insuffisante pour couvrir leurs dépenses courantes et que 26 % se déclaraient en situation de précarité. Autrement dit, même avec des hausses salariales, une partie importante des actifs ne retrouve pas une marge de manœuvre financière.
Par ailleurs, la mécanique des revalorisations évolue : dans la moitié des entreprises, les hausses prévues sont individuelles plutôt que collectives — un choix qui, selon la Dares, représente +30 % par rapport à 2025. Cela signifie que l'augmentation sera souvent liée au mérite ou à la négociation personnelle plutôt qu'à une revalorisation générale, accroissant le rôle des ressources humaines et des accords locaux.
Ce que cela change pour le portefeuille
Pour se représenter l'effet sur le budget : sur un salaire net de 1 500 €, une progression de 2 % se traduit par 30 € supplémentaires par mois ; sur 3 000 €, elle équivaut à 60 €. Ces montants peuvent permettre de couvrir une facture d'énergie ou une partie des courses, mais restent insuffisants face à une hausse généralisée des prix si l'inflation dépasse les gains salariaux à venir.
En résumé : les salaires ont augmenté et certaines catégories en profitent davantage, mais les perspectives et la structure des revalorisations laissent planer un risque de stagnation du pouvoir d'achat global si l'inflation continue de progresser.