Les prix mondiaux des denrées alimentaires pourraient augmenter de 18 % entre 2025 et 2027. C’est la projection publiée mercredi par la Banque mondiale dans ses perspectives consacrées aux marchés des produits de base. L’institution attribue cette évolution à la combinaison de plusieurs facteurs : les difficultés d’approvisionnement provoquées par les conflits et les conséquences attendues d’un épisode d’El Niño particulièrement intense cet hiver.
Cette prévision ne constitue pas une estimation directe de l’augmentation du panier payé dans les magasins français. Elle porte sur les marchés mondiaux des matières premières. Elle donne néanmoins une indication importante pour les foyers : lorsque les produits agricoles, les combustibles ou les intrants deviennent plus coûteux, les entreprises de la chaîne alimentaire peuvent être confrontées à une nouvelle pression sur leurs charges. La répercussion finale dépend ensuite des contrats, des stocks, du transport et des arbitrages des distributeurs.
Une énergie toujours exposée aux tensions géopolitiques
La Banque mondiale prévoit également une progression de 32 % des prix de l’énergie cette année, avant un reflux partiel en 2027. Le conflit au Moyen-Orient pèse lourdement sur cette perspective. Le baril de Brent, référence du marché pétrolier, est passé d’un prix moyen de 69 dollars en 2025 à une moyenne attendue de 91 dollars cette année.
| Indicateur | Prévision ou évolution |
|---|---|
| Prix mondiaux des denrées alimentaires | +18 % entre 2025 et 2027 |
| Prix de l’énergie | +32 % cette année |
| Baril de Brent | 69 dollars en 2025, 91 dollars cette année |
| Brent attendu l’an prochain | 79 dollars en moyenne |
Le scénario central de l’institution repose toutefois sur une détente partielle du pétrole. Le Brent pourrait revenir à 79 dollars en moyenne l’année prochaine, à condition que le conflit engagé en février par Israël et les États-Unis contre l’Iran ne reprenne pas après les élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre. Cette condition montre à quel point les prévisions restent dépendantes de décisions politiques et militaires qui échappent aux acteurs économiques.
Un scénario plus sévère ferait grimper davantage les produits alimentaires
La Banque mondiale envisage aussi une hypothèse défavorable. Si les hostilités reprenaient, le prix moyen du Brent pourrait atteindre 105 dollars en 2027. Dans ce cas, les prix des denrées alimentaires seraient supérieurs de 12 % supplémentaires au scénario médian présenté par l’institution. Pour les ménages, cela signifie que l’évolution de la facture alimentaire ne dépendrait pas uniquement des récoltes ou de la demande : le coût de l’énergie nécessaire à la production, à la transformation et au transport resterait un facteur déterminant.
« Le marché des produits de base a été touché par plusieurs chocs majeurs en même temps »
Ayhan Kose, chef économiste adjoint de la Banque mondiale, met en avant le risque pour la sécurité alimentaire. Selon lui, la priorité doit aller à la protection des populations les plus pauvres et à l’accompagnement des pays à faibles revenus, déjà confrontés à une dette importante. L’enjeu dépasse donc la seule évolution des prix : dans les pays où l’alimentation occupe une part élevée du budget, une hausse des denrées peut réduire rapidement l’accès aux produits essentiels.
- Alimentation : une hausse mondiale de 18 % est anticipée sur la période 2025-2027.
- Énergie : les prix pourraient progresser de 32 % cette année avant une baisse partielle en 2027.
- Risque géopolitique : une reprise du conflit évoqué par la Banque mondiale pourrait ajouter 12 % au scénario alimentaire médian.
Pour les consommateurs français, ces données ne permettent pas de calculer directement une hausse en euros par mois pour chaque foyer. Elles signalent en revanche un risque de volatilité persistante sur plusieurs postes qui structurent les dépenses courantes : alimentation, carburants et, indirectement, coûts de production. La Banque mondiale décrit ainsi un environnement où un apaisement des marchés pourrait limiter la pression, mais où un nouveau choc géopolitique ou climatique ferait rapidement basculer les prévisions vers un scénario plus inflationniste.