Seegex, une jeune pousse normande fondée en 2020, annonce préparer une levée d’amorçage pouvant atteindre 5 M€ afin de passer à l’échelle industrielle son procédé de valorisation des boues de stations d’épuration et des sédiments de dragage. La promesse : transformer des déchets pollués en granulats légers dépollués utilisables dans le secteur du BTP.
Un procédé thermochimique au cœur du modèle
Après deux années de recherche initiale, Seegex a développé un procédé thermochemique destiné à dépolluer efficacement les boues industrielles et municipales. L’entreprise affirme pouvoir extraire ou neutraliser les contaminants pour produire des matériaux granulaires répondant aux usages du bâtiment. Le modèle vise à substituer l’élimination coûteuse des boues par une filière de réemploi répondant aux exigences du secteur de la construction.
Objectifs et cadence de montée en puissance
Pour opérer ce passage à l’échelle, Seegex recherche des fonciers dans un rayon de 30 km autour du Havre, afin d’implanter une unité pilote ou de production. La levée d’amorçage, planifiée dans les six prochains mois, est chiffrée à jusqu’à 5 M€. À ce stade la société affiche un chiffre d’affaires de 100 k€ et compte 6 salariés, preuve d’une activité encore au stade précoce mais avec un prototype industriel validé.
- Fondation : 2020
- Chiffre d’affaires : 100 000 €
- Effectif : 6 salariés
- Montant visé : jusqu’à 5 M€
- Zone cible : bassin du Havre, rayon 30 km
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Année de création | 2020 |
| CA récent | 100 k€ |
| Effectif | 6 |
| Levée envisagée | jusqu’à 5 M€ |
Enjeux industriels et commerciaux
Le défi pour Seegex est double : prouver la robustesse et la rentabilité du procédé à l’échelle industrielle, puis convaincre les donneurs d’ordre du BTP — prescripteurs publics et privés — d’intégrer ces granulats dans des formulations et des cahiers des charges souvent exigeants. La transformation de déchets en matières premières nécessite en outre des certifications et des tests de conformité qui pèsent sur les délais et les besoins de financement.
Si la technologie fonctionne comme annoncé, le modèle présente plusieurs avantages : réduction des coûts de gestion des boues, création d’une source locale de granulats pour le BTP, et amélioration du bilan environnemental des chantiers. Mais la valeur économique dépendra de la capacité de Seegex à réduire les coûts énergétiques du procédé, à sécuriser des contrats d’approvisionnement en matière première (boues, sédiments) et à négocier l’acceptation réglementaire de ses produits.
Conséquences pour l’écosystème et perspectives
Une levée réussie et une industrialisation dans le bassin havrais pourraient faire de Seegex un acteur de référence dans la valorisation des résidus liquides et dragages en France, avec des débouchés potentiels sur d’autres zones portuaires ou industrielles. Pour les investisseurs, la combinaison d’un besoin réglementaire (gestion des déchets), d’un marché captif (BTP) et d’un impact environnemental mesurable est séduisante, mais conditionnée à la démonstration d’un plan d’affaires solide.
À court terme, la priorité sera la sécurisation du foncier et le bouclage de la levée. À moyen terme, l’enjeu sera d’inscrire le produit dans les filières du BTP et d’atteindre une échelle industrielle économiquement viable.
Le dossier Seegex illustre une tendance plus large : la montée de startups françaises qui cherchent à industrialiser des solutions de décontamination et de circularité au service d’un secteur de la construction en quête de matières secondaires. Le succès dépendra autant de la validité technique que de la capacité commerciale et réglementaire à convaincre des marchés exigeants.