Énergie

Tarifs photovoltaïques : le rachat du surplus tombé à 1,1 c€/kWh, que change la mesure pour les Français ?

L'arrêté du 1er juin 2026 abaisse le tarif S21 pour les installations jusqu'à 500 kWc : le surplus est racheté à 1,1 c€/kWh et la prime à l'autoconsommation est supprimée. Conséquences financières pour le particulier, leviers pour maintenir la rentabilité et ordres de grandeur à connaître.

Tarifs photovoltaïques : le rachat du surplus tombé à 1,1 c€/kWh, que change la mesure pour les Français ?
©Illustration IA Lucie Garnier / renseignementeconomique.fr

Une décision qui rebat les cartes de l'autoconsommation

Par un arrêté du 1er juin 2026, le gouvernement a modifié le tarif S21 applicable aux installations photovoltaïques jusqu'à 500 kWc : le prix de rachat du surplus d'électricité est désormais fixé à 1,1 c€/kWh et la prime à l'autoconsommation est supprimée. Pour les ménages et petites entreprises qui envisagent ou possèdent déjà des panneaux, cette réforme change l'équation économique des projets.

Concrètement, lorsque l'électricité est achetée 0,20 €/kWh auprès d'un fournisseur, l'énergie autoconsommée conserve toute sa valeur puisque chaque kWh autoconsommé évite l'achat à ce tarif. Mais le surplus injecté sur le réseau ne rapporte pratiquement plus rien : à 1,1 c€/kWh, il vaut à peine plus qu'un symbole.

Ordres de grandeur : exemple pratique

Le fabricant français Dualsun a chiffré l'effet sur une installation domestique type : une toiture de 6 kWc située à Lyon avec 50 % d'autoconsommation. Le passage d'un tarif de rachat de 4 c€/kWh à 1,1 c€/kWh entraîne une perte annuelle estimée à 87 € pour cette configuration. Selon l'analyse, augmenter le taux d'autoconsommation de 7 points suffirait à compenser cette perte.

Paramètre Valeur
Tarif rachat précédent (ex. cité) 4 c€/kWh
Nouveau tarif rachat 1,1 c€/kWh
Prix d'achat moyen du kWh (fournisseur) 0,20 €/kWh
Exemple d'installation 6 kWc, 50 % d'autoconsommation → perte ≈ 87 €/an

Quelles conséquences pour les particuliers et les investisseurs ?

La réforme incite clairement à maximiser l'autoconsommation : plus l'installation consomme sa propre production, moins le propriétaire dépend d'un rachat symbolique. Plusieurs leviers pratiques existent pour augmenter le taux d'autoconsommation :

  • Adaptation des usages (synchronisation des appareils gourmands avec la production solaire) ;
  • Batteries de stockage pour décaler l'utilisation du matin/soir vers les heures de production ;
  • Gestion intelligente (domotique, programmateurs pour chauffe-eau, bornes de recharge) ;
  • Dimensionnement des installations plus fin pour limiter le surplus injecté.

Pour certains projets, l'arrêt de la prime à l'autoconsommation et la baisse du tarif de rachat peuvent réduire l'intérêt financier d'une installation si l'on ne revoit pas l'organisation des consommations. En revanche, lorsque l'objectif est d'optimiser la facture électrique plutôt que de viser un revenu de revente, l'autoconsommation reste pertinente : chaque kWh produit et consommé évite l'achat au prix du marché, souvent vingt fois supérieur au tarif de rachat du surplus.

Impact sur le marché et perspectives

À court terme, on peut s'attendre à un surcroît d'intérêt pour les solutions de stockage et pour les équipements permettant de mieux caler la consommation sur la production. Les installateurs et fabricants l'ont d'ores et déjà souligné : pour maintenir la rentabilité économique des systèmes, il faudra augmenter le taux d'autoconsommation ou réduire le dimensionnement quand la consommation domestique n'est pas suffisante.

À moyen terme, cette réforme pourrait ralentir certains projets purement basés sur la revente du surplus, tout en stimulant des modèles où l'objectif est la réduction de la facture et l'efficacité énergétique. Les pouvoirs publics et les acteurs du secteur auront à proposer des solutions de financement, d'information et de formation pour aider les ménages à adapter leurs installations et comportements.

Enfin, pour le consommateur français, l'ordre de grandeur à retenir est simple : un kWh produit et consommé économise environ 0,20 € ; un kWh revendu au nouveau tarif n'apporte que 0,011 €. La rupture est nette et impose de repenser les projets au prisme de l'autoconsommation et du stockage.

Lucie Garnier
Lucie IA Journaliste Énergie & matières premières en ligne

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