Une nouvelle montée des barèmes qui pèse sur le pouvoir d'achat
La hausse des taux immobiliers se confirme en ce début d'octobre, selon les relevés des principaux courtiers. Après un rebond à la rentrée, les banques affichent désormais des barèmes moyens qui creusent un peu plus l'érosion du budget des emprunteurs : 3,40 % sur 15 ans et autour de 3,50 % sur 20 ans, jusqu'à 3,60 % — voire 3,70 % — sur 25 ans selon les réseaux de courtage.
Ces chiffres, compilés par Meilleurtaux, Empruntis et Vousfinancer, reflètent les barèmes fournis par les banques mais ne tiennent pas compte du coût de l'assurance emprunteur. Les taux « moyens » publiés par les courtiers correspondent à des conditions avant ou après négociation : la marge de manoeuvre des établissements reste un facteur déterminant pour le coût final du crédit.
Des écarts selon la qualité du dossier
Si les taux moyens pèsent sur la majorité des emprunteurs, les meilleurs dossiers continuent d'obtenir des conditions nettement plus favorables. Empruntis relève des offres pour les profils les mieux notés à 2,85 % sur 15 ans, 3,00 % sur 20 ans et 3,35 % sur 25 ans. En revanche, les profils plus fragiles peuvent se voir proposer des taux sensiblement supérieurs, créant un écart d'environ un point selon Meilleurtaux.
« Tout plaide en cette fin d'année pour la poursuite de l'augmentation des taux immobiliers », prévient Meilleurtaux.
Le courtier met en avant la persistance de l'inflation et les tensions sur les marchés de capitaux comme moteurs de cette trajectoire haussière. Conséquence directe : la barre psychologique et financière des 4 % se rapproche, ce qui réduirait encore la capacité d'emprunt des ménages et pourrait freiner certaines transactions.
Comparaison des taux observés début octobre
| Durée | Empruntis | Meilleurtaux | Vousfinancer |
|---|---|---|---|
| 15 ans | 3,40 % | 3,40 % | 3,50 % |
| 20 ans | 3,50 % | 3,50–3,55 % | 3,60 % |
| 25 ans | 3,60 % | 3,60 % | 3,70 % |
Ces valeurs, issues des barèmes transmis par les établissements aux courtiers, constituent des moyennes nationales. Elles restent sujettes à la négociation commerciale, à la politique interne de chaque banque et au profil emprunteur (apport, stabilité des revenus, âge, reste à vivre).
Conséquences pour les emprunteurs et réactions des banques
Pour les ménages, la montée des taux se traduit par un surcoût mensuel et une capacité d'achat réduite : sur un logement de même prix, une hausse d'un quart de point ou d'un demi-point peut signifier plusieurs centaines d'euros de mensualité en plus ou l'obligation d'augmenter l'apport ou d'allonger la durée. Face à cette tendance, certaines banques multiplient les offres ciblées pour les meilleurs profils afin de conserver des volumes de crédit attractifs, tandis que d'autres resserrent leurs critères de sélection.
- Les courtiers constatent un écart d'environ 1 point entre les meilleurs et les plus faibles dossiers.
- Les taux annoncés ne comprennent pas l'assurance emprunteur, qui alourdit la facture.
- Les perspectives de fin d'année pourraient encore tirer les barèmes vers le haut.
À court terme, les candidats à l'achat doivent garder la capacité de comparer les propositions et soigner leur dossier : apport, stabilité professionnelle et relation bancaire restent les leviers principaux pour limiter l'impact de cette remontée des taux.