Un effet prix qui renforce les résultats mais sans effacer la structure d'activité
TotalEnergies a indiqué s'attendre à des résultats en amélioration au deuxième trimestre, portés par la hausse des prix de l'énergie consécutive aux tensions au Moyen-Orient. Ce mouvement de marché profite directement aux segments traditionnels du groupe — raffinage, négoce et distribution — qui constituent l'essentiel du chiffre d'affaires.
La composition des revenus du groupe illustre cette dépendance : le secteur raffinage et chimie représente 43,3% du chiffre d'affaires, tandis que la distribution pèse 39,1%. Ensemble, ces deux piliers totalisent plus de 82% des ventes, laissant les activités « exploration-production » à une part modeste, 2,8%, malgré une production néanmoins significative.
Chiffres clés et implantation
Sur son périmètre opérationnel, TotalEnergies exploitait fin 2025 14 raffineries et 12 775 stations-service dans le monde. Le groupe a vendu 43,9 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié en 2025 et a produit l'équivalent de 2,5 millions de barils par jour en hydrocarbures la même année. Géographiquement, la France représente 22,8% du chiffre d'affaires, l'Europe 45%, l'Afrique 10% et l'Amérique du Nord 7,2%.
- Raffinage & chimie : 43,3% du CA
- Distribution : 39,1% du CA
- Électricité : 9,7% du CA (gaz CCGT et renouvelables)
- Gaz & GNL : 5,0% du CA
- Exploration-production : 2,8% du CA
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Stations-service | 12 775 |
| Raffineries | 14 |
| Ventes GNL (2025) | 43,9 M t |
| Production hydrocarbures | 2,5 M boe/j |
| Effectif | 94 847 |
Ce que cela signifie pour la facture des consommateurs français
La flambée des cours mondiaux de l'énergie se traduit d'abord par des marges accrues sur le raffinage et le négoce : lorsque le prix du pétrole et des produits dérivés augmente, ces activités voient leurs revenus progresser mécaniquement. Pour le consommateur français, l'effet est double. À court terme, la hausse des prix pétroliers alimente le prix des carburants et, indirectement, certains coûts industriels. À moyen terme, un groupe intégré comme TotalEnergies peut atténuer ces tensions via ses ventes pétrolières, sa commercialisation de gaz et ses positions dans l'électricité.
Risques et limites
Cependant, la structure du groupe montre aussi ses vulnérabilités : la faible part relative de l'exploration-production dans le chiffre d'affaires (2,8%) implique que TotalEnergies reste dépendant des marges du raffinage et du commerce de produits, secteurs sensibles aux cycles et à la régulation. Par ailleurs, la part européenne et française du chiffre d'affaires (respectivement 45% et 22,8%) expose le groupe aux politiques énergétiques et fiscales locales, qui peuvent moduler l'impact sur la rentabilité.
Au final, l'amélioration attendue du deuxième trimestre illustre la manière dont un choc géopolitique sur l'offre se diffuse dans les résultats des majors : bénéfices renforcés pour certaines branches, mais incertitudes persistantes quant à la durabilité de ces gains et aux effets sur les consommateurs.