Trois repreneurs en course pour la verrerie historique
La célèbre verrerie Duralex attire trois candidats dans le cadre de sa procédure de reprise : deux entrepreneurs français et une société basée à Hong Kong, a appris l'AFP de sources concordantes. Le dossier, ouvert pour la cession de l'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), est désormais soumis à une période d'approfondissement qui pourrait influer sur le sort industriel et social de l'entreprise.
Parmi les potentiels acquéreurs figurent Cédric Meston, via la holding Tomé, connu pour son rôle dans la start-up HappyVore et le rachat de Tupperware France en 2025, ainsi que le groupe stéphanois Carlesimo, déjà cité publiquement comme candidat. Le troisième dossier émane de la société hongkongaise AA Investments, détenue par l'homme d'affaires Morteza Goshayeshi et sa famille, active dans la commercialisation internationale de produits de beauté, parfums et biens de grande consommation et récemment acquéreur de l'enseigne Bouchara.
Le délai pour déposer un dossier de reprise a été prolongé «pour permettre aux candidats repreneurs d'affiner leurs offres voire de faire émerger de nouvelles candidatures».
Une échéance repoussée pour clarifier les offres
L'administrateur judiciaire a prorogé la date limite de dépôt des offres jusqu'au 11 septembre, selon un communiqué de la direction de Duralex transmis à l'AFP. Cette rallonge vise à laisser aux repreneurs le temps d'améliorer leurs propositions et, éventuellement, d'attirer d'autres candidats. Les trois offres connues restent «soumises à conditions», précise la même source, laissant en suspens la nature exacte des engagements industriels et sociaux proposés.
Ce que cela signifie pour le site et les salariés
La perspective d'une reprise par des acteurs aux profils très différents pose des questions concrètes :
- Maintien de l'activité industrielle : un repreneur industriel français ou un groupe spécialisé dans la distribution internationale n'auront pas la même logique opérationnelle.
- Emploi : la garantie des effectifs et des compétences sur le site de La Chapelle-Saint-Mesmin dépendra des engagements formels inclus dans les offres.
- Positionnement commercial : l'évolution de la marque Duralex sur les marchés domestique et export dépendra du plan de développement retenu.
Profils contrastés, enjeux partagés
Cédric Meston apporte un profil d'entrepreneur français déjà engagé dans des reprises nationales, avec une expérience récente dans la distribution d'articles ménagers. Carlesimo représente un acteur régional industriel susceptible de maintenir une implantation locale. AA Investments, de son côté, est familière des acquisitions dans les biens de consommation à vocation internationale, ce qui pourrait ouvrir des relais à l'export mais soulève des questions sur la stratégie industrielle et la préservation des emplois en France.
| Candidate | Profil connu | Points d'interrogation |
|---|---|---|
| Cédric Meston (Tomé) | Entrepreneur français, rachat Tupperware France, fondateur HappyVore | Plan industriel détaillé et garanties sociales |
| Carlesimo | Groupe stéphanois, intérêt publicisé | Niveau d'investissement et stratégie de relance |
| AA Investments (Hong Kong) | Groupe familial actif dans la distribution de biens de consommation, propriétaire de Bouchara | Orientation export et maintien de la production locale |
Prochaines étapes
Avec la date repoussée à la mi-septembre, l'attente porte sur la nature des engagements écrits : maintien d'emplois, investissements industriels, calendrier de relance et garanties environnementales. Les syndicats et les autorités locales suivront de près l'évaluation des offres par l'administrateur judiciaire, dont la décision déterminera la pérennité d'une marque inscrite dans le patrimoine industriel français.