Accusation publique et chiffres trimestriels
Le président des États-Unis a critiqué lundi les majors pétrolières américaines, estimant qu'elles avaient « fait trop d'argent » et qu'elles devaient rendre « une partie » de ces gains au public. Ses propos ont été tenus depuis la Maison Blanche et interviennent après la publication, vendredi, des résultats du deuxième trimestre d'ExxonMobil et de Chevron.
« Cela ne me plaît pas. Ils sont en train de faire trop d'argent. En profitant des pénuries, ils se font trop d'argent. »
Les deux groupes ont affiché des bénéfices nets très élevés : ExxonMobil a déclaré 14,5 milliards de dollars pour le trimestre, soit un bénéfice multiplié par deux par rapport à l'année précédente, tandis que Chevron a publié 12,1 milliards de dollars, soit un résultat cinq fois supérieur à celui de l'an passé.
Contexte énergétique et explications des groupes
Le président a lié ces profits à la situation au Moyen-Orient, qu'il a désignée comme facteur ayant profité à certains acteurs. Les deux majors ont cependant pris soin de ne pas imputer explicitement leur hausse de revenus au conflit : le dirigeant d'ExxonMobil a notamment évoqué un manque de capacités de raffinage comme facteur principal de la hausse des prix à la pompe, et a prévenu que les coûts pourraient rester élevés « pour un certain temps ».
Enjeux politiques et conséquences économiques
La hausse des prix de l'énergie est, selon le texte source, le principal moteur de l'inflation aux États-Unis depuis le début de l'année, et le pouvoir d'achat constitue une préoccupation majeure des électeurs à environ trois mois des élections de mi-mandat prévues en novembre. Le sujet a pris une forte dimension politique : les démocrates cherchent à tirer parti du ressentiment des ménages, tandis que le président rappelle qu'il se présente en défenseur du pouvoir d'achat.
Qui est concerné et quelles pistes ?
- Concerne : les consommateurs américains soumis aux prix à la pompe et les marchés pétroliers influencés par l'offre et la capacité de raffinage.
- Concerne aussi : les actionnaires des majors, les autorités de la concurrence et les décideurs politiques qui peuvent être tentés d'envisager des mesures (taxes, régulation des marges, enquêtes) si l'opinion publique se renforce.
- Ne concerne pas : les acteurs qui n'ont pas publié de chiffres similaires au deuxième trimestre ou les segments de l'énergie non pétrolière, sauf si des transferts de prix interviennent.
Chiffres clés
| Groupe | Bénéfice net T2 (USD) | Variation annuelle |
|---|---|---|
| ExxonMobil | 14,5 milliards | x2 |
| Chevron | 12,1 milliards | x5 |
Les déclarations présidentielles et les résultats financiers dessinent un débat à la croisée des questions économiques et politiques : réclamer des baisses de prix ou des « retours » aux consommateurs pose des questions de droit économique et de politiques publiques. Les majors rappellent pour leur part que la situation des prix à la pompe résulte de facteurs structurels, notamment la capacité de raffinage, et non exclusivement de comportements opportunistes liés à des tensions géopolitiques.
La tension entre demande politique de justice sociale en matière de prix et explications opérationnelles des entreprises devrait rester d'actualité dans les prochaines semaines, alors que s'approchent des échéances électorales susceptibles d'amplifier ce type de discours.