Ce qui change au 20 novembre 2026
À compter du 20 novembre 2026, la loi clarifie que certaines offres de paiement fractionné (dont le paiement en trois fois) relèvent du crédit à la consommation. Concrètement, cela soumet ces opérations aux règles de solvabilité et aux modalités de déclaration des incidents de paiement applicables aux crédits. La nouveauté inquiète des acquéreurs ayant un compromis ou un projet de prêt immobilier en cours.
Un impayé = inscription automatique au FICP ?
Non. Un seul rejet d'échéance ne vaut pas automatiquement inscription au FICP (Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers). Le risque réel tient à une série de conditions cumulatives : la nature du contrat (si l'opération est juridiquement qualifiée de crédit), le caractère de l'incident (incident isolé ou « incident de paiement caractérisé »), la mise en demeure et la décision de l'établissement qui finance le fractionnement.
- Si l'opération n'est pas assimilée à du crédit, l'incident ne sera pas traité selon les règles du crédit à la consommation.
- Si l'opération relève du crédit et que l'impayé devient un incident caractérisé, l'établissement peut demander l'inscription au FICP.
- Une inscription au FICP doit être prise en compte par le futur prêteur, mais n'interdit pas légalement l'octroi d'un prêt immobilier.
Ce que cela signifie pour un candidat à l'achat
Lorsqu'un compromis de vente est déjà signé, la tension est forte : délai de la condition suspensive, consultation du fichier par la banque et régularisation de la dette se télescopent. Le futur prêteur devra intégrer toute inscription au FICP dans son évaluation de risque ; mais il pèse d'autres éléments : revenus, apport, historicité bancaire, nombre d'échéances manquées, et preuve d'une régularisation rapide.
Actions concrètes à engager
Avant et après le 20 novembre, voici les démarches recommandées pour limiter l'impact :
- Vérifier la nature juridique du contrat de paiement fractionné (vente avec délai, crédit, avance d'un tiers) ;
- Obtenir et conserver tous les justificatifs (rejets, courriers, preuves de régularisation) ;
- Contester immédiatement toute information erronée auprès du créancier et, le cas échéant, demander la rectification auprès de la Banque de France ;
- Régulariser la dette si possible et demander une attestation écrite de remboursement ;
- Informer le notaire et la banque du calendrier et des démarches engagées pour protéger le compromis.
| Événement | Conséquence possible |
|---|---|
| Rejet isolé d'une échéance | Pas d'inscription automatique si régularisé |
| Incident de paiement caractérisé | Déclaration au FICP possible |
| Inscription au FICP | Doit être prise en compte par le prêteur, sans interdiction de principe |
Conclusion : ni fatalité ni passe-droit
La réforme du 20 novembre 2026 renforce la traçabilité et l'encadrement des paiements fractionnés mais ne crée pas une interdiction automatique d'emprunter en cas de rejet d'une échéance. L'élément déterminant reste l'appréciation globale du dossier par le futur prêteur et la capacité du candidat à démontrer la réalité des faits et la régularisation rapide. Pour les acquéreurs en instance d'offre, l'urgence est procédurale : documenter, contester si nécessaire et négocier des délais écrits pour préserver la vente.