Un volant d’épargne déjà mobilisé, et une idée pour aller plus loin
Après un été marqué par des incendies d’ampleur, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a relancé l’hypothèse d’un recours accru aux ressources issues de l’épargne réglementée pour financer l’adaptation au changement climatique. L’idée, exposée dans un entretien cité par la presse, consiste à approfondir le rôle de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) en mobilisant davantage les fonds issus des livrets réglementés.
Ce n’est pas une nouveauté que d’affirmer que l’épargne des Français peut soutenir des politiques publiques : aujourd’hui, 60% des sommes déposées sur le Livret A, le LDDS et le LEP sont transférées à la CDC. Ces ressources servent notamment au financement du logement social, au renouvellement urbain et, via la Banque des territoires, à des opérations en faveur de la transition écologique.
"L'ensemble des prêts déployés par la Banque des territoires l'est sur le fonds d'épargne", a précisé la CDC auprès de TF1.
Quel volume est en jeu ?
La CDC a déjà planifié la mobilisation de fonds d’épargne à hauteur de 130 milliards d'euros sur la période 2024-2028 pour accélérer la transformation écologique du pays. La ministre souhaite que ce levier serve aussi explicitement à l’adaptation — par exemple pour renforcer la résilience des territoires, financer la gestion des forêts ou moderniser les services de secours — alors que les capacités budgétaires de l’État apparaissent contraintes.
| Élément | Chiffre/constante |
|---|---|
| Part de l’épargne réglementée centralisée à la CDC | 60% |
| Mobilisation prévue par la CDC | 130 milliards € (2024‑2028) |
Enjeux et contraintes
Plusieurs questions se posent avant toute évolution : la nature exacte du fléchage des ressources, les conditions de gouvernance et de transparence autour des projets financés, ainsi que les garanties quant à la préservation du caractère sécuritaire et liquide de ces produits d’épargne pour les déposants. La CDC rappelle que les prêts de la Banque des territoires sont déjà adossés au fonds d’épargne, mais accroître l’utilisation de ces fonds à des fins d’adaptation pourrait nécessiter des modifications réglementaires ou législatives.
- La piste évoquée doit être précisée lors d’une réunion engagée par la ministre avec les acteurs concernés, prévue en septembre.
- Le recours à l’épargne réglementée impliquerait d’arbitrer entre besoins immédiats d’investissement et obligations de liquidité et de sécurité pour les épargnants.
- La communication sur l’utilisation des fonds sera cruciale pour maintenir la confiance des déposants.
Conséquences attendues
Si la mesure était mise en œuvre, elle pourrait accélérer le financement de chantiers tels que la rénovation, la gestion des risques naturels et la modernisation des infrastructures locales, sans recourir uniquement à des hausses d’impôt ou à un endettement supplémentaire. En revanche, tout changement de périmètre d’usage des fonds centralisés devra concilier ambitions climatiques et protection des intérêts des détenteurs de livrets réglementés.
La discussion lancée par le gouvernement s’inscrit dans un contexte où la montée des risques climatiques met sous pression les finances publiques et pousse à explorer des mécanismes de financement alternatifs. Le calendrier politique et technique des prochaines semaines permettra de savoir si ces propositions resteront au stade de piste de réflexion ou se traduiront par des mesures concrètes.