Idemeca convertit des locaux inoccupés en un espace partagé au service du territoire
La PME Idemeca, spécialisée dans la fabrication de vérins hydrauliques sur mesure, a ouvert ce premier semestre 2026 un espace de coworking dans les locaux de son site de Nouaillé‑Maupertuis (Vienne). L’entreprise, qui affiche un chiffre d’affaires de 3 M€ et emploie 23 collaborateurs, a aménagé au rez‑de‑chaussée une surface d’environ 200 m² baptisée « L’Antre‑Temps », comprenant une salle de coworking et trois bureaux privatifs.
La démarche répond à une réalité simple : alors que l’atelier occupe 4 000 m² d’atelier et une vingtaine de machines, les surfaces de bureaux atteignent 500 m² sur deux niveaux, bien au‑delà des besoins administratifs actuels — seuls cinq salariés y sont affectés au premier étage. Confrontée à cette surcapacité, la direction a proposé d’ouvrir les locaux à des acteurs externes via un partenariat avec l’Association des acteurs économiques de Nouaillé (Adaen).
Le dispositif a rapidement trouvé sa première utilité : un expert en assurances a utilisé un des bureaux du rez‑de‑chaussée pour travailler lorsqu’il ne pouvait pas télétravailler depuis son domicile. L’initiative permet ainsi de valoriser des m2 inemployés tout en créant des flux et des rencontres entre domaines professionnels différents.
"Il nous restait de la place : tout le rez‑de‑chaussée."
Neil MacLeod, qui dirige Idemeca depuis 2012, explique que le site est issu d’une ancienne entreprise de boissons transformée en ateliers et bureaux dans les années 1980 — à l’époque la proportion de personnel de bureau était plus élevée. Le contexte géographique joue en faveur du projet : l’agglomération de Poitiers est située à moins de 10 km, offrant un réservoir potentiel d’utilisateurs et d’entrepreneurs susceptibles d’occuper l’espace.
Ce que cela signifie pour le secteur, les salariés et les clients
Pour les PME industrielles, l’exemple d’Idemeca illustre plusieurs enjeux pratiques :
- optimisation d’actifs immobiliers sous‑employés et création d’une source de revenu complémentaire ;
- renforcement des liens avec l’écosystème local et stimulation d’échanges intersectoriels ;
- amélioration de l’attractivité du site pour des partenaires, clients ou prestataires qui bénéficient d’espaces de travail flexibles à proximité des ateliers.
Du point de vue des salariés, la mise à disposition d’un espace partagé peut favoriser des interactions avec d’autres professions et offrir des services (réunions, rendez‑vous clients) sans déplacement en centre‑ville. Pour la clientèle, notamment les donneurs d’ordre industriels ou les entreprises locales, la présence d’un pôle de services sur le site permet de limiter les interruptions de production (réparations, suivis) et d’accéder à des compétences complémentaires.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d'affaires | 3 M€ |
| Effectif | 23 collaborateurs |
| Surface atelier | 4 000 m² |
| Surface bureaux | 500 m² |
| Surface coworking | 200 m² (rez‑de‑chaussée) |
Cette conversion d’espaces illustre aussi une tendance plus large : en zone périurbaine, où des sites industriels anciens peuvent conserver de vastes surfaces de bureau, le coworking apparaît comme une solution pour maintenir de l’activité et densifier des pôles économiques sans recourir à de lourds travaux d’aménagement ou à la construction neuve.
Reste la question de la pérennité : la réussite d’un tel dispositif dépendra de la capacité à attirer et fidéliser des coworkers, à organiser la gestion quotidienne (sécurité, accueil, partage des services) et à démontrer un équilibre financier entre coûts d’exploitation et recettes locatives. À l’échelle locale, l’opération est cependant déjà perçue comme un levier pragmatique pour faire vivre un terrain industriel et tisser des synergies entre acteurs proches.