Un tournant macro qui pourrait redistribuer les cartes entre actions d'IA et crypto
Le macro-investisseur Jordi Visser estime que l'ère des gains rapides et faciles sur les valeurs liées à l'intelligence artificielle est terminée. Intervenu dans un podcast diffusé le 25 juillet, il nuance toutefois : l'IA demeure un thème transformationnel, mais la période où l'achat des titres les plus visibles suffisait pour décrocher des performances multipliées est, selon lui, révolue.
"Le commerce de l'IA est terminé"
Visser anticipe une phase plus exigeante du cycle d'investissement, où les rendements dépendront de la capacité des entreprises à démontrer une infrastructure durable, un accès au capital et de réels avantages compétitifs. Dans ce contexte, il évoque la possibilité d'un transfert partiel des capitaux vers les actifs numériques, dont le Bitcoin et l'Ethereum.
Pourquoi les crypto pourraient profiter du recul des titres d'IA
Plusieurs éléments motivent sa réflexion : d'une part, il remarque que le Bitcoin s'est maintenu relativement bien alors qu'il se situe encore « près de 50 % » en dessous de son record historique — un constat qui, pour lui, justifie une augmentation d'exposition dans la phase de ralentissement. D'autre part, un indice qu'il a créé pour mesurer l'écosystème crypto a dépassé ses sommets de mi-juin sans que le Bitcoin n'ait fait de même, signe selon lui d'un mouvement interne de marché.
- Visser a accru sa position en Bitcoin pendant la baisse.
- Il note une surperformance d'Ethereum récente par rapport au Bitcoin.
- Il estime que l'avenir favorisera davantage les actifs apportant des revenus ou des cas d'utilisation concrets.
Ces constats l'amènent à penser que le marché commence à privilégier des actifs plus liés aux revenus, ce qui serait, selon lui, plutôt favorable à l'Ethereum et moins au Bitcoin. Il évoque par ailleurs que des rendements potentiels de l'ordre de 30 % par an restent envisageables dans des niches de l'infrastructure d'IA, mais que les taux de multiplication observés lors de la première phase du boom sont peu probables.
Conséquences pour les investisseurs et limites de l'analyse
Si le raisonnement de Visser se vérifiait, on pourrait assister à une rotation des flux entre secteurs technologiques et classe d'actifs numériques, modifiant les pressions sur les prix et la composition des portefeuilles institutionnels. Cependant, plusieurs précautions s'imposent :
- le déplacement de capitaux dépendra des conditions macroéconomiques (taux, liquidité) et non seulement d'un choix sectoriel ;
- la surperformance actuelle d'Ethereum peut être conjoncturelle et ne garantit pas une trajectoire durable ;
- les appréciations de Visser reflètent une opinion ciblée et ne constituent pas une recommandation d'investissement.
| Constat | Énoncé de Visser |
|---|---|
| Position du Bitcoin | "près de 50 % en dessous" du record historique |
| Rendement envisageable en IA infrastructure | environ 30 % par an |
| Indice crypto personnel | a dépassé ses sommets de mi-juin |
Au-delà des effets d'annonce, la lecture de Visser invite à observer deux dynamiques : d'un côté, une recalibration des attentes sur l'IA, et de l'autre, une possible montée d'intérêt pour des actifs numériques perçus comme offrant plus de rendement ou d'utilité. Reste à savoir si les flux suivront ces paroles — et sur quelles temporalités.
En l'état, son message est utile aux observateurs : il replace la crypto dans une perspective macroéconomique, rappelle que les rotations de capitaux peuvent naître de changements d'attente sur un secteur et souligne qu'Ethereum commence à être considéré différemment, non seulement comme réserve de valeur, mais comme actif lié aux revenus.