Les marchés pénalisent la facture croissante de l'intelligence artificielle
Les places américaines ont connu une séance de repli marquée jeudi, les investisseurs réévaluant la rentabilité des vastes engagements financiers consentis pour l'intelligence artificielle. Le S&P 500 a cédé 1,21% pour atteindre 7 663,4 points, tandis que le Nasdaq 100 a plongé de près de 2,9% à 28 958,7 points. Le Dow Jones est resté pratiquement stable, en légère hausse de 0,02% à 52 868,0 points.
Meta, facteur déclencheur
La déception principale a pris la forme d'une inquiétude sur les coûts plutôt que sur la croissance des revenus. Meta, malgré un chiffre d'affaires trimestriel en croissance, a montré que ses ambitions en matière d'IA s'accompagnent d'une facture très lourde : près de 35 milliards USD d'investissements au troisième trimestre, un montant qui a dépassé les flux de trésorerie opérationnels et entraîné un free cash-flow négatif de -2,1 milliards USD. Le groupe a également relevé son plancher de dépenses d'investissement pour 2026 et annoncé une nouvelle catégorie d'actions sans droit de vote, alimentant les craintes de dilution et de besoins de financement futurs.
Extension de la défiance au-delà des géants du cloud
La réaction des investisseurs ne s'est pas limitée aux plates-formes : les équipementiers et fournisseurs liés à l'IA ont été sévèrement pénalisés. L'indice des semi-conducteurs de Philadelphie (SOX) a perdu plus de 6%. Parmi les valeurs sanctionnées figurent Lam Research (-12%), dont les perspectives pour le trimestre de décembre ont déçu malgré un chiffre d'affaires record, ainsi que AMD (-8%), Micron (-6%) et Nvidia (-4%).
- Les doutes portent autant sur la capacité de production de l'industrie que sur la rentabilité pour les clients.
- Des fournisseurs d'infrastructures ont été affectés : CoreWeave (-10%), Lumentum (-12%), GE Vernova (-11%) ou Bloom Energy (-9%).
- Le mouvement traduit une remise en cause du calendrier et du coût de déploiement d'infrastructures massives pour l'IA.
Conséquences et perspectives
Cette rotation de portefeuille souligne une sensibilité accrue des marchés aux sorties de trésorerie massives et aux signaux de financement. Si la croissance des revenus reste importante pour certains acteurs, les investisseurs exigent une meilleure visibilité sur la trajectoire de rentabilité et sur la capacité des entreprises à financer leurs ambitions sans diluer les actionnaires ou fragiliser leur trésorerie.
| Indice | Mouvement | Niveau |
|---|---|---|
| S&P 500 | -1,21% | 7 663,4 |
| Nasdaq 100 | -2,90% | 28 958,7 |
| Dow Jones | +0,02% | 52 868,0 |
À court terme, la volatilité pourrait rester élevée tant que les publications trimestrielles continueront de livrer des éléments sur les dépenses liées à l'IA et sur les besoins de financement associés. Il convient de rappeler que la performance passée n'est pas un indicateur fiable des résultats futurs ; la sélection d'actifs devra désormais intégrer, au-delà de la croissance, la solidité des flux de trésorerie et la gouvernance du financement.