Un volume de projets significatif pour accompagner les renouvelables en France
La société lyonnaise Wattmen, créée en 2019, annonce la mise en œuvre d'un portefeuille de projets de stockage d'électricité en moyenne tension qui totaliserait environ 370 mégawatts. L'effort combine développements propres et partenariats financiers, avec pour objectif de répondre à la montée en puissance des énergies renouvelables intermittentes en France.
Le premier site opérationnel doit être implanté à Villeurbanne, sur un terrain de 2,5 hectares situé dans la zone de Bel Air Camp, et est prévu pour le deuxième semestre 2027. Les dirigeants du groupe soulignent que disposer d'un démonstrateur physique facilitera les démarches commerciales et techniques : dimensionnement des containers, intégration au réseau local, procédures d'exploitation et acceptation des acteurs territoriaux.
Montage financier et partenaires
Pour porter ce plan, Wattmen s'appuie sur des partenariats avec des acteurs du capital-investissement. Un accord signé avec Andera Partners vise à développer 100 MW de capacités en France, tandis qu'un fonds suédois est associé à un volet de 200 MW. Le reste, un peu plus de 70 MW, est porté directement par la société.
| Intervenant | Capacité visée (MW) |
|---|---|
| Andera Partners (France) | 100 |
| Fonds suédois | 200 |
| Projets propres Wattmen | ~70 |
| Total | 370 MW |
Pourquoi le stockage devient incontournable
Avec l'augmentation rapide des capacités éoliennes et photovoltaïques, le système électrique requiert davantage de flexibilité pour absorber les variations de production. Les fermes de stockage en moyenne tension permettent :
- de lisser l'injection d'électricité sur le réseau local ;
- de réduire les pertes par curtailment (effacement de production) en cas de surproduction ;
- d'apporter des services de disponibilité rapide, utiles pour la stabilité de la fréquence et la gestion des congestions.
"L'opération sera réalisée sur un terrain de Bel Air Camp, où nous avons encore 2,5 hectares à aménager", précise l'un des porteurs du projet.
Concrètement, des projets de l'ordre de quelques dizaines à quelques centaines de mégawatts contribuent à sécuriser l'équilibre local et à retarder, voire éviter, des investissements de renforcement des lignes. À l'échelle nationale, 370 MW reste modeste face aux besoins cumulés, mais ces capacités servent de briques modulaires et reproductibles pour accélérer la transition.
Conséquences et points d'attention
Ce plan soulève plusieurs enjeux opérationnels et économiques : la durée de vie des batteries, le recyclage des composants, la contractualisation des recettes (marchés de flexibilité, contrats d'effacement) et l'obtention des autorisations locales. Le positionnement de fonds internationaux dans le financement illustre l'attractivité du segment mais impose aussi un calendrier de rentabilité.
Enfin, la mise en service d'un site démonstrateur à Villeurbanne servira de référence technique et commerciale pour Wattmen : si le pilote confirme les performances annoncées, le modèle pourra être répliqué ailleurs en France, contribuant à augmenter la capacité de stockage nationale nécessaire pour intégrer davantage d'énergies renouvelables.