Le Fonds de garantie prend en charge des milliers de victimes mais le défaut d'assurance persiste
En 2025, le Fonds de garantie des victimes (FGAO) a versé 132 millions d'euros pour indemniser des personnes victimes d'accidents corporels impliquant un conducteur non assuré ou auteur d'un délit de fuite. Ces sommes témoignent de la charge financière supportée collectivement lorsqu'un responsable ne respecte pas l'obligation d'assurance, en place pour les voitures depuis 1958.
Le FGAO a indemnisé 7 500 victimes au total pour ces situations : parmi elles, 177 personnes sont décédées, soit une hausse de 5,4 % des morts liées à ce type d'accidents par rapport à l'année précédente. À l'inverse, le nombre global de victimes prises en charge par le fonds en 2025 a diminué de 7,3 % par rapport à 2024.
« Toutefois, la recrudescence de véhicules en défaut d’assurance, lors des contrôles des forces de l’ordre, témoigne d’une persistance inquiétante du phénomène »,
note le FGAO, qui s'appuie également sur les chiffres de contrôles routiers. En 2024, les forces de l'ordre ont dressé 268 059 procès-verbaux pour défaut d'assurance, ce qui représente une augmentation de 10 % en deux ans.
Des poursuites engagées et des montants récupérables parfois importants
Parallèlement à l'indemnisation des victimes, le fonds engage des actions pour se retourner contre les conducteurs responsables : en 2025, 15 400 poursuites ont été lancées, visant à recouvrer des sommes qui peuvent être, selon le FGAO, supérieures à plusieurs centaines de milliers d'euros. Ces procédures visent à limiter le coût net pour l'assurance et, indirectement, pour les assurés.
| Indicateur | Valeur (2025 ou 2024) |
|---|---|
| Indemnités versées par le FGAO | 132 M€ |
| Victimes indemnisées | 7 500 |
| Décès | 177 (+5,4%) |
| PV pour défaut d'assurance (2024) | 268 059 (+10% en 2 ans) |
| Poursuites engagées | 15 400 |
Conséquences pour les conducteurs et le marché de l'assurance
Le montant élevé des indemnisations – en hausse de 25 % depuis 2018 selon le FGAO – montre que le défaut d'assurance continue de peser sur le système. Lorsqu'un conducteur n'a pas souscrit, le fonds intervient pour indemniser les victimes, puis cherche à récupérer les sommes avancées auprès du responsable : ces démarches peuvent aboutir à des condamnations financières lourdes pour le fautif.
- Les usagers encourent un risque humain et financier important en circulant sans assurance.
- Les contrôles routiers signalent une recrudescence des véhicules en infraction, malgré l'obligation légale.
- Le coût pour la collectivité et les mécanismes de garantie augmente, même si le nombre de victimes indemnisées a légèrement baissé.
Pour les conducteurs, le message reste simple et factuel : refuser de s'assurer revient souvent à transférer le coût du risque sur les victimes et sur la solidarité nationale, avec à la clé des poursuites et des condamnations financières potentielles. Du point de vue des assureurs et du FGAO, maintenir la pression via les contrôles et les procédures de recouvrement reste au cœur de la lutte contre ce phénomène.
La persistance du défaut d'assurance invite aussi à interroger l'efficacité des dispositifs préventifs et punitifs actuels : davantage de prévention lors de la souscription, de contrôles ciblés ou des sanctions financières plus dissuasives sont des pistes évoquées par divers acteurs, sans que le FGAO n'ait détaillé de nouvelles mesures dans son bilan 2025.