Une nouvelle enquête, des repères remodelés
Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a livré les premiers résultats de l'EMO 2026, une enquête sur la main-d'œuvre qui succède à l'ancienne Enquête nationale sur l'emploi. Conçue selon les standards récents de l'Organisation internationale du Travail, cette nouvelle démarche comporte des changements conceptuels et méthodologiques importants : la définition de l'emploi a été retravaillée, le concept de « chômage strict » adopté et la notion de sous-utilisation de la main-d'œuvre élargie. Le HCP souligne que, de ce fait, les chiffres produits ne sont pas directement comparables aux séries antérieures issues de l'ENE.
Création nette d'emplois : +279 000 en un trimestre
Sur le plan des emplois, la variation est nette : le nombre de personnes déclarant occuper un emploi rémunéré atteint 10,643 millions, soit 279 000 postes supplémentaires par rapport au trimestre précédent, une hausse de 2,7%. Cette progression profite aussi bien aux centres urbains qu'aux zones rurales : les villes concentrent 187 000 nouveaux emplois tandis que les campagnes enregistrent 92 000 créations.
Participation et taux d'emploi : des gains mais des fractures persistantes
La population active est estimée à 11,764 millions, en hausse de 147 000 personnes sur le trimestre. Le taux de participation national progresse à 42,2% contre 41,8% trois mois auparavant, et le taux d'emploi passe de 37,3% à 38,2%. Pourtant, ces moyennes masquent des disparités profondes :
- Écart hommes/femmes : le taux de participation masculin s'établit à 66,5%, tandis que celui des femmes reste très bas, à 18,1%.
- Tranches d'âge : les 25-44 ans affichent les niveaux de participation les plus élevés ; les 15-24 ans demeurent les moins présents (taux de 22,9%).
- Niveau de diplôme : la probabilité d'être actif croît nettement avec le niveau d'études : près de sept titulaires d'un diplôme avancé sur dix participent au marché du travail, contre moins de quatre personnes sur dix parmi les non-diplômés.
Ce que cela change pour les salariés et les employeurs
Pour les salariés et les demandeurs d'emploi, la hausse de l'emploi est une bonne nouvelle tangible : elle traduit une montée des opportunités sur le marché. Pour les entreprises, l'augmentation du volume d'actifs peut alléger les tensions de recrutement, mais les fortes inégalités entre sexes, âges et niveaux de formation signalent des besoins ciblés en formation et en politiques d'insertion.
Limites de l'exercice et implications statistiques
La révision méthodologique impose une prudence dans l'interprétation : les responsables publics, les partenaires sociaux et les analystes devront s'appuyer sur les séries rétropolées provisoires proposées par le HCP pour établir des comparaisons temporelles robustes. En pratique, cela signifie que les bilans passés du marché du travail peuvent être ajustés et que certaines évolutions apparentes peuvent découler de changements de cadrage statistique plutôt que d'un mouvement réel.
Tableau synthétique des principaux indicateurs (T2 2026)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Population active | 11,764 millions (+147 000) |
| Emploi rémunéré | 10,643 millions (+279 000 ; +2,7%) |
| Taux de participation | 42,2% |
| Taux d'emploi | 38,2% |
En résumé, l'EMO 2026 offre un instantané actualisé du marché du travail : il confirme une dynamique de création d'emplois au cours du trimestre mais rappelle aussi que les progrès restent inégalement répartis. À court terme, la priorité pour les décideurs et les acteurs économiques sera d'interpréter ces résultats à la lumière des changements méthodologiques et d'orienter les politiques d'emploi vers les populations les plus éloignées du marché.