Hausse des prix et découragement : le tableau du HCP pour le T3‑2026
Selon l'enquête de conjoncture publiée par le Haut‑Commissariat au plan (HCP) pour le troisième trimestre 2026, 95,9 % des ménages marocains déclarent avoir constaté une augmentation des prix des produits alimentaires au cours des douze derniers mois. À l'inverse, 0,4 % ne perçoivent pas de hausse, ce qui place le solde d'opinion à −95,5 points, très proche du niveau enregistré l'an passé.
Ce constat s'accompagne d'un recul marqué de l'intention d'épargne : seuls 7,5 % des ménages envisagent d'épargner dans les douze prochains mois, un niveau que le HCP qualifie comme le plus bas depuis 2018. Parallèlement, 58,2 % des ménages affirment pouvoir couvrir leurs dépenses avec leurs revenus, tandis que 39 % indiquent qu'ils doivent s'endetter ou puiser dans leur épargne.
«une légère baisse par rapport au trimestre précédent et une amélioration par rapport au même trimestre de l’année 2025»
Le HCP note toutefois une nuance : l'indice de confiance des ménages (ICM) se situe à 59,2 points, marginalement inférieur au trimestre précédent (60,1 points) mais supérieur à la valeur enregistrée un an plus tôt (53,6 points), montrant une évolution contrastée entre perception immédiate des prix et confiance générale.
Perspectives des ménages : anticipation de nouvelles hausses et inquiétude pour l'emploi
Pour les douze mois à venir, 77,9 % des foyers s'attendent à de nouvelles augmentations des prix alimentaires, 21,1 % anticipent une stabilisation et 1 % prévoient une baisse. Le solde d'opinion lié aux attentes de prix se dégrade ainsi à −76,9 points.
Les perspectives sur le niveau de vie sont également pessimistes : 51,7 % des ménages craignent une détérioration, 39,6 % tablent sur une stabilité et seulement 8,7 % envisagent une amélioration (solde −43 points).
Du côté de l'emploi, 61,3 % des ménages anticipent une hausse du chômage, contre 17,3 % qui envisagent une baisse, soit un solde de −44 points, reflétant une inquiétude croissante sur le marché du travail.
Ce que ces chiffres signifient concrètement
Ces données traduisent une forte pression sur le pouvoir d'achat des foyers : quand près de quatre ménages sur dix avouent puiser dans leurs réserves ou s'endetter pour boucler les fins de mois, l'espace financier disponible pour l'épargne et l'investissement se réduit fortement. Le HCP n'indique pas de montants en dirhams ou en euros par foyer, ce qui empêche une conversion directe en euros par mois. Il reste toutefois évident que la combinaison d'une inflation alimentaire élevée et de perspectives d'emploi moroses réduit la capacité d'épargne des ménages et accroît leur vulnérabilité.
- Pression immédiate : 95,9 % des foyers ressentent une hausse des prix alimentaires.
- Siphonnage des ressources : 39 % des ménages puisent dans l'épargne ou s'endettent pour couvrir leurs dépenses.
- Épargne en repli : seulement 7,5 % souhaitent épargner, un plancher depuis 2018.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Ménages constatant une hausse des prix alimentaires | 95,9 % |
| Intention d'épargner | 7,5 % |
| Ménages couvrant dépenses par revenu | 58,2 % |
| Ménages s'endettant ou puisant dans l'épargne | 39 % |
Pour les lecteurs en France, ces signaux invitent à la prudence : même si les contextes économiques diffèrent, la conjonction d'une inflation alimentaire soutenue et d'une érosion de l'épargne alerte sur des risques de fragilisation des consommations et, à terme, sur la dynamique économique générale. Le suivi régulier des enquêtes de conjoncture comme celle du HCP reste essentiel pour mesurer l'impact réel des prix sur le budget des ménages.