Un choix assumé : quitter l'emploi pour acheter du temps
À 49 ans, Nguyen Thi Kim Trinh a fait un choix radical : mettre fin à son activité salariée pour consacrer sa vie au voyage. Ancienne employée d'une société étrangère, elle a transformé une habitude — partir longuement lors du Nouvel An lunaire — en projet de vie. Sa trajectoire illustre une retraite anticipée fondée sur des arbitrages financiers et personnels précis.
Les chiffres et les actes
Avant de rompre avec son emploi, elle a organisé ses ressources de sorte à ne plus être inquiète pour « la nourriture, les vêtements et le logement ». Depuis deux ans, elle a quitté définitivement le monde du travail : elle a remis sa démission un matin et a pris l'avion pour Paris le soir même, entamant un périple européen de quatre mois. À ce jour, elle affirme avoir visité 29 pays sur 5 continents.
- Âge : 49 ans.
- Pays visités : 29.
- Continents : 5.
- Revenu refusé : plus de 40 millions de dongs par mois (proposition de traduction).
« J'ai choisi de vivre seule. Avant de prendre ma retraite, j'ai pris toutes les dispositions financières nécessaires et je n'ai plus à me soucier de la nourriture, des vêtements et du logement. »
Un mode de vie nomade et réfléchi
Son itinéraire n'est pas improvisé : elle dit choisir les lieux selon la saison et la qualité de vie, restant « jusqu'à ce que je veuille partir ». Après l'Europe, elle s'est rendue en Turquie, au Maroc, au Laos, puis a passé des périodes prolongées au Vietnam (Phu Quoc, Da Nang, Hoi An). Elle a même acheté une moto pour explorer les provinces du centre et les régions du nord-est et nord-ouest, cherchant des séjours plus longs que les simples vacances.
Les enseignements pour la retraite
Ce parcours met en lumière plusieurs points utiles pour qui prépare une retraite anticipée :
- la nécessité d'anticiper financièrement pour couvrir les besoins de base ;
- le rôle d'arbitrages professionnels (refuser un contrat rémunéré) pour préserver du temps libre ;
- la recherche d'une qualité de vie plutôt que d'un niveau de consommation maximal.
Tableau synthétique
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Âge | 49 ans |
| Pays visités | 29 |
| Continents | 5 |
| Proposition de travail refusée | > 40 millions de dongs / mois |
Conséquences et limites du modèle
Le récit illustre une aspiration partagée : être libre de son temps. Mais il reste un exemple individuel, rendu possible par des ressources accumulées et par le renoncement à des revenus élevés. Pour la plupart des actifs, la question demeure de savoir comment sécuriser un niveau de vie similaire sans mettre en péril les droits sociaux (retraite obligatoire, assurance santé). La conversion d'une épargne en « revenu-temps » suppose une planification stricte et, selon les systèmes nationaux, peut avoir des conséquences sur les pensions futures.
Qu'il s'agisse d'une trajectoire inspirante ou inatteignable, l'histoire de Mme Trinh pose une question plus large : comment concilier désir d'émancipation temporelle et réalités économiques ? Les réponses diffèrent selon les droits sociaux en place, l'épargne accumulée et les priorités personnelles. Pour ceux qui envisagent une retraite anticipée, son expérience rappelle l'importance de chiffrer précisément les besoins et d'anticiper les choix — géographiques, professionnels et patrimoniaux — qui conditionneront la viabilité du projet.