Un filet peu déployé alors que la vague de sinistres monte
Les récents incendies en Gironde, qui ont affecté plus de 13 000 entreprises et privé de travail jusqu'à 130 000 salariés selon la Chambre de commerce et d'industrie, remettent en lumière une faiblesse connue : l'activité partielle — anciennement qualifiée de « chômage technique » — reste insuffisamment mobilisée pour amortir l'onde de choc des catastrophes naturelles.
Un dispositif ancien, une utilisation limitée
Créé pendant la Première Guerre mondiale, le mécanisme permet aux employeurs confrontés à une baisse d'activité liée à un aléa (ici des sinistres climatiques) de réduire temporairement le temps de travail sans recourir au licenciement. Pourtant, une étude de l'Unédic d'avril 2025, qui a examiné la période 2015-2022 à l'aide d'outils d'intelligence artificielle, montre que ce levier n'est pas suffisamment exploité par les entreprises concernées lors d'événements extrêmes.
Pourquoi les entreprises n'y ont pas recours ?
- Manque d'information : nombre d'employeurs ignorent les conditions d'éligibilité spécifiques aux catastrophes naturelles.
- Complexités administratives : démarches perçues comme lourdes, surtout pour les très petites entreprises déjà fragilisées.
- Prise en charge imparfaite : la perception que l'État n'améliore pas la part de couverture financière dans ce contexte freine les initiatives.
Ce que disent les chiffres
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Entreprises touchées (Gironde) | 13 000+ |
| Salaries empêchés de travailler | Jusqu'à 130 000 |
| Période étudiée par l'Unédic | 2015-2022 |
Conséquences pour salariés et employeurs
Pour les salariés, un recours massif à l'activité partielle limiterait le risque de perte de revenu et d'emploi, offrant une sécurité temporaire le temps de la reprise. Pour les employeurs, c'est un outil pour préserver la masse salariale et donner de l'oxygène à la trésorerie sans passer par des licenciements coûteux.
Un enjeu de gouvernance
Le gouvernement, selon les éléments disponibles, n'envisage pas d'amélioration de la prise en charge pour ces contextes, ce qui pose la question de l'efficacité publique : faut-il simplifier l'accès, augmenter la part remboursée, ou mieux informer les entreprises à risque ?
"chômage partiel"
À court terme, la priorité revient aux entreprises et aux branches professionnelles : clarifier les conditions d'accès, fluidifier les procédures et renforcer l'accompagnement des PME et TPE pourrait augmenter l'usage du dispositif. À moyen terme, la montée des aléas climatiques rend nécessaire une réflexion sur l'adaptation des mécanismes de solidarité et de protection de l'emploi pour limiter les effets sociaux des catastrophes.