Une évacuation massive qui paralyse l'activité
La progression du méga-feu en Gironde a entraîné l'évacuation de nombreuses communes et, avec elles, l'arrêt de l'activité de milliers d'entreprises. Selon la Chambre de commerce et d'industrie, ce sont désormais plus de 30 000 entreprises concernées par ces mesures d'éloignement. Face à la situation, le gouvernement a activé des réunions quotidiennes en visioconférence réunissant ministres, services de l'État, élus et acteurs économiques locaux pour coordonner les réponses.
Le recours massif au chômage partiel
Dans l'attente d'un retour possible dans les communes évacuées, la règle est simple : les salariés ne peuvent pas exercer sur des sites inaccessibles. Pour limiter les licenciements, les entreprises peuvent déclencher le chômage partiel. Des chefs d'entreprise locaux l'ont déjà mis en œuvre, comme le fumoir Fumette et une carrosserie d'Eysines.
- Chômage partiel : outil immédiat pour maintenir les contrats, mais synonyme d'une perte de revenu pour les salariés.
- Pertes d'exploitation : les périodes estivales représentent une part majeure du chiffre d'affaires pour certains secteurs.
- Questions juridiques : situations particulières (salariés incommodés par les fumées, établissements stratégiques bénéficiant d'exceptions) soulèvent des interrogations sur l'application du droit du travail.
Qui perd quoi ?
Les exemples locaux donnent une idée des ordres de grandeur : pour la carrosserie évacuée, le dirigeant estime une perte de revenu d'environ 30 % pour ses salariés. Pour le fumoir de Lège-Cap-Ferret, si l'atelier a été épargné physiquement, la fermeture et la perturbation de la saison se traduisent par des pertes d'activité significatives : les deux mois d'été représentent 30 % du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise.
« Pour le Covid, nous avons dû compenser la perte d’exploitation en contractant des prêts garantis par l’État qu’il a fallu rembourser »
Des conséquences financières durables
Au-delà de l'arrêt immédiat, l'enjeu principal pour ces PME artisanales et commerciales est la compensation des pertes d'exploitation : manque de chiffre d'affaires pendant la haute saison, charges fixes à couvrir, et la mémoire financière laissée par la crise sanitaire. Plusieurs dirigeants évoquent le précédent des prêts garantis par l'État contractés pendant le Covid, qui ont pesé lourdement lors des exercices suivants.
Ce que cela change pour les salariés et les employeurs
Pour les salariés, le chômage partiel préserve l'emploi mais réduit le revenu net, décision douloureuse quand elle coïncide avec la saisonnalité qui assure le revenu annuel. Pour les employeurs, l'urgence est double : maintenir la trésorerie et préparer la reprise d'activité tout en gérant des questions d'assurance et de continuité. Les autorités ont placé ces sujets à l'agenda quotidien des réunions ministérielles pour tenter d'anticiper des dispositifs de soutien ciblés.
| Élément | Chiffre mentionné |
|---|---|
| Entreprises concernées (CCI) | +30 000 |
| Part du CA liée aux deux mois d'été (fumeurs) | 30 % |
| Perte de revenu estimée pour salariés (carrosserie) | ~30 % |
La coordination entre l'État et les acteurs économiques devra, dans les prochains jours, préciser les modalités d'indemnisation, les aides de trésorerie et les adaptations réglementaires nécessaires pour éviter que cet épisode n'entraîne, après le choc immédiat, une vague de faillites ou de précarisation des travailleurs saisonniers et réguliers.