Un appel syndical à agir vite sur le chômage des jeunes
La présidente de la CFE‑CGC a proposé, mercredi, d'engager une négociation nationale sur l'emploi des jeunes, mais sous cadrage gouvernemental afin d'en garantir l'efficacité. L'argument: la situation, selon elle, est «catastrophique» et exige une réponse coordonnée plutôt qu'une initiative autonome des partenaires sociaux.
«La situation est catastrophique, donc il faut ouvrir des discussions sur le sujet»
Le message intervient après la publication des derniers chiffres qui montrent que le taux de chômage des 15‑24 ans atteint 21,6% de la population active au deuxième trimestre. Pour la CFE‑CGC, ce signal macroéconomique plaide pour un pilotage renforcé par l'État, non seulement pour fixer des objectifs mais aussi pour assurer un suivi.
Quel format pour la négociation?
La dirigeante syndicale propose d'inscrire cette négociation dans l'article L1 du Code du travail, qui impose au gouvernement de consulter les syndicats représentatifs avant toute réforme du travail et de l'emploi. Elle n'exclut pas un cadrage chiffré — «qu'il faut embaucher 10%, 15%, 20% de jeunes en plus» — estimant que des objectifs clairs peuvent mettre de la pression sur les entreprises.
Concrètement, la CFE‑CGC souhaite obtenir des engagements sur plusieurs points opérationnels:
- l'embauche de jeunes même s'ils ne possèdent pas immédiatement toutes les compétences requises;
- le développement de partenariats entre salariés seniors et juniors pour accélérer la montée en compétences;
- des actions coordonnées entre pouvoirs publics et branches pour éviter la dispersion des initiatives.
Conséquences pour les jeunes et les employeurs
Pour les jeunes, un tel cadre pourrait se traduire par plus d'offres d'embauche «à potentiel», avec des dispositifs de formation en entreprise renforcés. Pour les employeurs, cela signifierait potentiellement des contraintes nouvelles, mais aussi un soutien public pour accompagner les recrutements et les parcours de formation interne.
La CFE‑CGC reconnaît la contrainte du calendrier parlementaire — la session s'arrête en février — et la difficulté d'obtenir des résultats rapides avant les échéances politiques. Reste que l'appel à un cadrage par l'État remet au centre la question de la responsabilité collective: si les partenaires sociaux sont invités à négocier, le gouvernement pourrait fixer des objectifs, coordonner les moyens et suivre les engagements.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de chômage des 15‑24 ans (T2) | 21,6% |
| Exemples d'objectifs proposés | 10%, 15%, 20% |
La discussion proposée par la CFE‑CGC fait écho aux appels d'autres organisations — la CFDT a également souligné la nécessité d'une responsabilité partagée des partenaires sociaux pour l'insertion durable des jeunes, tout en refusant qu'il s'agisse d'un prétexte à accroître la flexibilité du travail.
Au-delà des négociations, l'enjeu reste de transformer des décisions en emplois stables et formateurs. Le cadrage gouvernemental, s'il était retenu, servira de catalyseur: il pourrait à la fois imposer des objectifs et débloquer des moyens pour que les recrutements de jeunes se traduisent en parcours professionnels durables.