Des prix sous pression tant que la situation géopolitique reste instable
Le directeur général de la Coopérative U, Dominique Schelcher, a alerté mercredi que les prix des carburants en France resteraient « tendus » tant qu'il n'y aura pas de « paix » au Moyen‑Orient. Ses propos, tenus à l'occasion d'une réunion à Bercy et d'interventions médiatiques, situent la cause principale des tensions actuelles : des perturbations sur une chaîne logistique mondiale déjà fragilisée.
Schelcher a rappelé que, malgré l'inquiétude sur les prix, il n'existait pas de pénurie de carburant en France. En revanche, il a pointé plusieurs facteurs concrets qui pèsent sur les coûts : des perturbations de routes maritimes, des capacités de raffinage réduites et une hausse des coûts d'assurance des navires du fait d'attaques récentes.
« Personne ne peut le dire », a-t‑il déclaré en réponse à une question sur l'évolution future du baril.
Ce qui grippe la chaîne logistique
- Routes maritimes perturbées : attaques ciblant des navires qui compliquent les acheminements.
- Capacités de raffinage réduites : moins d'offre nette en produits raffinés.
- Assurances plus chères : renchérissement du transport maritime.
Le patron du quatrième distributeur alimentaire français a insisté sur le caractère global et interconnecté du marché du carburant : une perturbation locale ou régionale peut se traduire rapidement en tension sur les prix affichés à la pompe. Il a aussi souligné que, dans la distribution, les marges appliquées sur ce « produit d'appel » sont aujourd'hui très réduites, ce qui limite la marge de manœuvre des stations pour absorber des hausses de coûts en amont.
Scénarios évoqués et rôle des autorités
Interrogé sur la possibilité de voir le litre atteindre 2,40 €, Dominique Schelcher s'est refusé à tout pronostic, se contentant de constater la situation « extrêmement tendue ». Le gouvernement a de son côté réuni les acteurs du secteur à Bercy pour « suivre la situation », selon le dirigeant, signe d'une vigilance institutionnelle accrue face au risque d'une dégradation rapide des prix à la pompe.
| Élément | Constat mentionné |
|---|---|
| Prix du baril Brent | 100 $ (atteint mercredi) |
| Hypothèse de prix à la pompe | 2,40 € le litre (question évoquée par la presse) |
Pour les ménages, la portée concrète de ces constats dépendra de l'évolution des combats et des interceptions en mer : en clair, tant que les échanges internationaux resteront perturbés, il faudra s'attendre à une volatilité durable des tarifs du carburant, même en l'absence de rupture physique de l'approvisionnement. Les pouvoirs publics et les distributeurs paraissent mobilisés pour suivre et, si besoin, tenter d'atténuer les effets sur le pouvoir d'achat.