Trois Länder de l'Est refusent de voir s'effriter un droit acquis après 45 ans de cotisations
La réforme des retraites adoptée début juillet par la coalition allemande se heurte à une résistance interne significative : les ministres-présidents des Länder de Saxe, Saxe-Anhalt et de Thuringe demandent au chancelier Friedrich Merz de préserver la possibilité de partir à la retraite sans décote à 63 ans pour les personnes ayant cotisé pendant 45 ans.
Dans une déclaration commune rendue publique jeudi après-midi, Sven Schulze, Mario Voigt et Michael Kretschmer estiment que l'effacement de cette disposition remettrait en cause un principe auquel ils tiennent, d'autant que l'enjeu touche directement des cohortes de travailleurs dont les carrières ont commencé très tôt.
« Quiconque a cotisé pendant 45 ans l'a fait suffisamment. Nous ne renoncerons pas à ce principe »
Cette prise de position illustre la division au sein de la CDU et la sensibilité particulière des régions de l'Est sur les questions de protection sociale : les présidents conservateurs rejoignent ainsi des voix de l'aile sociale du parti et des ministres-présidents socio-démocrates d'autres Länder de l'Est (Brandebourg et Poméranie-Occidentale) qui ont exprimé des réserves similaires.
Politiquement, la défiance exprimée par ces trois dirigeants constitue une pression supplémentaire sur le chancelier, déjà confronté à des remous liés à son remaniement ministériel. Sur le plan social, la controverse interroge la durabilité d'un compromis obtenu par la coalition début juillet et pose la question des protections reconnues aux carrières longues.
Concrètement, le point de friction porte sur deux paramètres précis :
- âge de départ : la possibilité de partir à 63 ans sans décote ;
- durée de cotisation : le bénéfice réservé aux personnes ayant cotisé 45 ans.
Voici les signataires de la déclaration et leurs responsabilités :
| Länder | Ministre-président |
|---|---|
| Saxe | Sven Schulze |
| Saxe-Anhalt | Mario Voigt |
| Thuringe | Michael Kretschmer |
Pour les observateurs, la suite dépendra de la capacité de la coalition à convaincre ses propres composantes et à négocier des compensations susceptibles de préserver l'acceptabilité sociale de la réforme. Si les dirigeants de l'Est campent sur leur position, le gouvernement devra soit réaffirmer le maintien de la disposition, soit amorcer un nouveau dialogue autour de mesures d'atténuation ciblées — sans quoi le bras de fer politique pourrait se prolonger et fragiliser l'action gouvernementale sur d'autres dossiers.