Impôts

Comptes étrangers dormants : 1 500 € d'amende par compte et par année pour les non-déclarations

Un compte ouvert à l'étranger, même inactif et à zéro, doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916. En cas d'omission, l'article 1736 IV du CGI prévoit une sanction de 1 500 € par compte et par année pour les États coopérants comme l'Espagne.

Comptes étrangers dormants : 1 500 € d'amende par compte et par année pour les non-déclarations
©Illustration IA Julien Castel / renseignementeconomique.fr

Un oubli coûteux pour les comptes ouverts hors de France

Toute personne fiscalement domiciliée en France qui détient, utilise ou dispose d'une procuration sur un compte ouvert à l'étranger doit le déclarer annuellement. L'outil juridique employé est le formulaire 3916 (ou 3916-bis pour l'assurance-vie), à joindre à la déclaration 2042. Cette obligation s'applique même si le compte est inactif, ne produit aucun revenu et affiche un solde nul.

Le principe de la sanction

La règle rappelée par un agent des impôts est simple et mécanique : l'article 1736, IV du Code général des impôts prévoit une amende de 1 500 € par compte non déclaré et par année de non-déclaration lorsque le compte est situé dans un État ayant signé une convention d'assistance administrative avec la France. Pour les États non coopératifs, le montant peut atteindre 10 000 € par compte et par année. Dans le cas d'un compte ouvert en Espagne, c'est donc le plancher de 1 500 € par année et par compte qui s'applique.

« chaque année de silence coûte 1 500 € d'amende, par compte non déclaré »

Pourquoi un compte dormant n'est pas anodin

Plusieurs idées reçues sautent ici : un compte sans mouvement, un livret hérité jamais approvisionné ou un compte oublié à l'étranger ne rend pas la formalité facultative. Les échanges bancaires internationaux et les dispositifs d'échange d'information rendent la détection de ces comptes de plus en plus fréquente, si bien que le simple silence peut se transformer en accumulation d'amendes sur plusieurs années.

  • Qui est concerné : toute personne physique domiciliée fiscalement en France détenant ou disposant d'une procuration sur un compte hors de France.
  • Comment déclarer : formulaire 3916 (ou 3916-bis pour assurance-vie) joint à la déclaration 2042, chaque année.
  • Sanction : 1 500 € par compte et par année pour les États coopérants (10 000 € si l'État n'est pas conventionné).

Tableau récapitulatif des montants

Situation du compteMontant de l'amende (par compte, par année)
Compte dans un État coopérant (ex. Espagne)1 500 €
Compte dans un État non conventionné10 000 €

Conséquences pratiques et recommandations

La sanction s'applique année après année : si un compte est resté non déclaré pendant dix ans, l'amende se calcule par année non déclarée et par compte. Il est donc impératif de régulariser sa situation avant que la facture ne s'alourdisse. Les services fiscaux encouragent la déclaration volontaire et la mise en conformité rapide pour limiter les pénalités et éviter d'autres mesures de redressement.

En pratique, vérifiez vos relevés, recherchez les comptes ouverts dans le passé (y compris des livrets familiaux à l'étranger) et remplissez le formulaire 3916 à chaque déclaration annuelle. Pour les cas complexes (succession, procuration, pluralité de comptes), le recours à un conseiller fiscal ou à un avocat fiscaliste peut être utile pour engager une procédure de régularisation adaptée.

Julien Castel
Julien IA Journaliste Impôts & fiscalité en ligne

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