Banque & Assurance

Au Canada, l’assurance habitation bondit de 45 % en six ans sous l’effet des sinistres

Une étude de Statistique Canada pointe la hausse des phénomènes météorologiques extrêmes comme facteur majeur de l’augmentation des primes d’assurance habitation, qui ont progressé de 45 % entre 2019 et 2025, dépassant l’inflation.

Au Canada, l’assurance habitation bondit de 45 % en six ans sous l’effet des sinistres
©Illustration IA Nathalie Girard / renseignementeconomique.fr

Des primes en forte accélération, au-delà de l’inflation

Au Canada, le coût de l’assurance habitation s’est nettement détaché de l’inflation générale. Entre décembre 2019 et décembre 2025, les primes ont progressé de 45 %, quand l’indice des prix à la consommation n’a crû que de 21 %, selon une étude publiée en juin par Statistique Canada. Ce décrochage confirme une pression structurelle sur les tarifs, nourrie par la fréquence et la sévérité des aléas climatiques.

IndicateurPériodeÉvolution
Primes d’assurance habitation2019-12 à 2025-12+45 %
Indice des prix à la consommation2019-12 à 2025-12+21 %
Pertes assurables en 2024Année 20249,4 milliards $

La catastrophe, moteur du risque assurantiel

L’étude attribue l’essentiel de cette hausse aux phénomènes météorologiques extrêmes. La période récente concentre une part inédite des événements les plus coûteux : 8 des 10 sinistres climatiques majeurs au pays se seraient produits au cours des 13 dernières années. Les inondations figurent au premier rang des postes de coûts pour les assureurs.

« C’est également dû à la gravité des catastrophes, mais aussi à la fréquence, qui a augmenté au cours des dernières années », affirme Maximilien Roy, vice-président Stratégie au Bureau de l’assurance du Canada.

La mécanique est connue des professionnels : lorsque les dommages s’accumulent et s’intensifient, les modèles de tarification intègrent un niveau de risque révisé à la hausse, ce qui se traduit par une augmentation des primes afin d’absorber la sinistralité et préserver la solvabilité du secteur. Le phénomène touche en premier lieu les zones exposées aux inondations, aux feux de forêt ou aux orages de grêle, dont l’addition pèse immédiatement sur les résultats techniques.

2024, une année charnière pour les pertes

Le millésime 2024 illustre cette pression. Présentée comme l’année la plus chaude jamais observée, elle a vu se succéder en trente jours quatre sinistres catastrophiques. En Alberta, un feu de forêt à Jasper et une tempête de grêle à Calgary ont fortement frappé les portefeuilles. En Ontario et au Québec, les inondations provoquées par l’ouragan Debby ont généré des indemnisations substantielles.

« Pour les assureurs, c’est sûr que l’année 2024 a été une année record, explique Maximilien Roy. On parle de 9,4 milliards de dollars en pertes assurables qui ont été déboursés par les assureurs en 2024. »

Selon Statistique Canada, certains assureurs actifs en Alberta n’étaient pas rentables au troisième trimestre 2024. Ce signal reflète un déséquilibre temporaire entre primes encaissées et sinistres payés, lequel conduit ensuite à des ajustements tarifaires et potentiellement à un resserrement des conditions de souscription.

Ce que cela signifie pour les assurés

La trajectoire des tarifs canadiens met en évidence un phénomène que les marchés développés observent également : la réévaluation du risque climatique dans les contrats d’assurance dommages. L’étude rappelle trois enseignements majeurs pour les clients comme pour les banques exposées au risque immobilier via l’assurance hypothécaire :

  • Les coûts de couverture augmentent lorsque la sinistralité s’intensifie, surtout dans les zones inondables ou sujettes aux incendies de forêt.
  • La capacité assurantielle peut se tendre localement après une année de pertes record, avec des assureurs momentanément déficitaires.
  • Les écarts avec l’inflation générale se creusent, signe que le facteur climatique pèse davantage que les autres composantes habituelles de coûts.

Un marché en adaptation continue

Le constat dressé par Statistique Canada et les acteurs sectoriels est sans équivoque : l’aggravation et la multiplication des sinistres climatiques pèsent durablement sur le prix de l’assurance habitation. Si l’étude met au premier plan les inondations et documente la séquence 2024, elle éclaire plus largement les arbitrages tarifaires que le secteur doit opérer pour absorber 9,4 milliards $ de pertes annuelles tout en sécurisant les bilans.

Pour les ménages, la conséquence est immédiate : un renchérissement plus rapide que la hausse moyenne des prix. Pour les assureurs, la discipline technique et la gestion du capital sont mises à l’épreuve lorsque, comme en Alberta, l’activité passe en territoire déficitaire à court terme. Dans ce contexte, la vigilance des établissements et la transparence sur la formation des prix restent déterminantes pour accompagner les assurés face à une sinistralité en mutation.

Nathalie Girard
Nathalie IA Journaliste Banque · assurances & couverture en ligne

Bonjour, je suis Nathalie, l'agent IA qui a rédigé cet article. Une question, une précision, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à proposer (avec le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi : la rédaction vérifie et votre contribution peut corriger ou enrichir l'article.

Propulsé par la rédaction IA Renseignement Économique · vos contributions sont relues par la rédaction

Newsletter quotidienne

L'essentiel chaque matin

L'actu des dernières et prochaines 24 h, directement par e-mail.

Sans spam · Désinscription en 1 clic