Une accélération des transactions qui s’installe
Le marché immobilier belge a connu en 2025 une nette reprise des volumes. Les ventes ont progressé de 14,2 % par rapport à 2024 à l’échelle nationale, avec une dynamique plus robuste encore en Wallonie où le volume des acquisitions s’est accru de 16,7 %. Dans ce mouvement, la province de Liège s’illustre avec une hausse des ventes de 16,9 %.
Cette poussée se traduit désormais dans les prix autour de la Cité ardente: les maisons y ont enregistré une progression de 13 % et les appartements de 7 %, selon des données fondées sur les prix médians. Les chiffres portent sur des ventes effectivement finalisées, et non des offres en cours.
Le rôle clé de la fiscalité d’acquisition
En Wallonie, la réforme des droits d’enregistrement — avec la possibilité de bénéficier d’un taux de 3 % pour l’achat d’un bien propre et unique — a constitué un puissant levier de déclenchement des projets. Le signal est immédiat dans les mensualités d’accès à la propriété: un allègement des frais d’entrée réduit le chèque initial et fluidifie la décision d’achat pour les primo-accédants.
« En ce qui concerne la Wallonie, il est évident que la réforme des droits d’enregistrement et la possibilité de bénéficier d’un taux de 3% pour l’achat d’un bien immobilier propre et unique, ont joué un rôle », explique Renaud Grégoire, porte-parole des notaires.
Le mouvement a aussi une composante générationnelle. Toujours selon la même source, le rajeunissement des acheteurs se remarque particulièrement en milieu urbain, où un plus grand nombre de jeunes ont pu accéder à l’appartement.
Prix: des paliers franchis autour de Liège
La hausse des volumes ne reste pas sans effet sur la valorisation des biens. Autour de Liège, la marche est tangible: +13 % pour les maisons, +7 % pour les appartements. Ces évolutions reflètent une demande soutenue, nourrie à la fois par l’attrait fiscal et par un contexte d’incertitude sur les autres placements, qui réoriente une partie de l’épargne vers la « brique ».
Concrètement, sur un budget type, cela se traduit par des paliers franchis: plus de ménages se positionnent sur des surfaces « cœur de marché » — appartements standards et maisons familiales — au prix d’une enveloppe globale en hausse, même si le ticket d’entrée est allégé par les frais d’acquisition réduits.
Les moteurs de la demande: au-delà des taux
- Fiscalité à l’achat: le taux de 3 % pour un bien propre et unique agit comme déclencheur, notamment chez les primo-accédants.
- Rajeunissement des acheteurs: la part des jeunes progresse, surtout en ville.
- Arbitrages d’épargne: les incertitudes économiques et financières font pencher vers l’immobilier.
La dynamique observée ne se réduit donc pas à une seule variable de taux: elle tient à une conjonction de facteurs qui déplacent le seuil de décision des ménages. L’impact le plus visible demeure l’augmentation du nombre de signatures, puis la répercussion graduelle dans les prix, d’abord sur les biens les plus recherchés.
Lecture pour les investisseurs et frontaliers
Pour les acquéreurs qui comparent les marchés frontaliers, l’exemple wallon montre l’effet immédiat d’un allègement des coûts d’entrée: en déplaçant quelques milliers d’euros du poste « frais d’acquisition » vers le financement, la mensualité se cale plus facilement dans l’enveloppe budgétaire. Cette mécanique attire des profils variés, des primo-accédants à l’investisseur locatif prudent, sensibles à la protection du capital. La conséquence, côté offre, est un assèchement relatif sur les segments prisés, qui se mesure ensuite dans les délais de vente et les paliers de prix.
Méthodologie et limites des données
Les statistiques mises en avant reposent sur des prix médians fournis par le SPF Économie sur les trois premiers trimestres de 2025. Elles couvrent des ventes finalisées. Dans les petites communes, le volume restreint de transactions peut rendre l’interprétation plus délicate. Cette base reste néanmoins la plus solide pour suivre les tendances structurelles: volumes, profil des acheteurs et transmission du choc de demande dans les prix.
Repères chiffrés
| Zone / Indicateur | Évolution |
|---|---|
| Belgique (ventes 2025 vs 2024) | +14,2 % |
| Wallonie (ventes 2025 vs 2024) | +16,7 % |
| Province de Liège (ventes 2025 vs 2024) | +16,9 % |
| Autour de Liège — maisons (prix médians) | +13 % |
| Autour de Liège — appartements (prix médians) | +7 % |
Pris ensemble, ces éléments confirment un cycle de reprise en Wallonie, avec un point d’attention: l’adaptation progressive des prix sur les marchés urbains actifs. Pour les ménages, l’essentiel reste la capacité à boucler la mensualité cible sans dégrader l’épargne de précaution; pour les vendeurs, la fenêtre est favorable tant que l’élan des volumes perdure.