Une startup mise sur l'expertise pétrolière pour rendre la géothermie compétitive
La géothermie gagne en visibilité comme source d'énergie de base capable d'accompagner la montée de la demande électrique, portée notamment par les centres de données. Sur ce créneau, Birch Geothermal, lancée vendredi et adossée au fonds de capital-risque Montauk Capital, mise sur un pari industriel : reprendre et adapter des technologies issues du pétrole et du gaz pour réduire les coûts et fiabiliser la production électrique issue du sous-sol.
À sa tête, Mike Matson, ingénieur de forage et de réservoir passé par Kinder Morgan puis par le Boston Consulting Group où il a dirigé l'activité géothermie. Son parcours explique le positionnement de Birch : tirer parti d'un héritage technique et opérationnel du secteur des hydrocarbures — capteurs de puits, systèmes autonomes, optimisation des réservoirs — pour mieux maîtriser la circulation de l'eau dans les installations géothermiques et garantir ainsi une chaleur stable, condition d'une production électrique fiable.
« électrochoc climatique »
Matson évoque ce que la source qualifie d'« électrochoc climatique » comme déclencheur personnel de sa bascule vers les technologies vertes. Le contexte industriel et économique renforce l'opportunité : la production électrique peine à suivre face à une demande croissante, entre retards d'approvisionnement en turbines à gaz et tensions politiques sur l'éolien, pointent les marchés.
Un modèle technique et économique fondé sur l'automatisation
Birch veut combiner plusieurs leviers techniques déjà éprouvés dans les champs pétroliers :
- capteurs et systèmes autonomes pour piloter en temps réel la circulation des fluides ;
- techniques d'ingénierie des réservoirs adaptées pour maximiser l'échange thermique ;
- modélisation et contrôle des flux pour stabiliser la production électrique.
Leur raisonnement est simple : un meilleur contrôle des flux et des réservoirs optimisés peut réduire les risques de performance et abaisser le coût nivelé de l'électricité géothermique, aujourd'hui supérieur à celui du solaire ou du gaz naturel.
Un marché en mouvement — chiffres et comparaisons
La dynamique de marché alimente l'optimisme. La récente introduction en Bourse de Fervo a porté sa valorisation à 10 milliards de dollars, illustrant l'appétit pour les acteurs de la géothermie. Par ailleurs, certaines estimations placent la part de la géothermie à environ 8 % de la production électrique mondiale à l'horizon 2050.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Valorisation annoncée de Fervo | 10 milliards de $ |
| Part possible de la géothermie en 2050 | ~8 % |
Ces chiffres montrent que la filière attire des capitaux mais reste confrontée à un défi : rendre la géothermie suffisamment compétitive face aux énergies renouvelables massifiées et aux hydrocarbures bon marché. La stratégie de Birch consiste à réduire l'incertitude opérationnelle — une des causes majeures des coûts élevés des projets géothermiques — plutôt qu'à réinventer la source d'énergie elle-même.
Enjeux et conséquences à court et moyen terme
Si la démarche porte ses fruits, elle pourrait accélérer le déploiement de projets géothermiques capables d'apporter de l'énergie de base à faible intermittence, utile pour la résilience du réseau électrique. À l'inverse, le succès dépendra de l'adaptabilité des technologies pétrolières au contexte géothermique, des coûts d'adaptation et d'une capacité à industrialiser des opérations souvent coûteuses et localisées.
Pour l'instant, Birch Geothermal arrive dans un paysage en mutation, avec des acteurs valorisés en Bourse et une demande énergétique en hausse. Reste à mesurer l'efficacité réelle de la transposition des savoir-faire pétroliers et la capacité de la startup à délivrer des références opérationnelles qui attirent clients et investisseurs.