Un rebond notable, mais des signaux discordants
Bitcoin évolue autour de 65 000 dollars après un redressement de près de 13 % depuis son creux fin juin, proche de 58 000 $. À première vue, la reprise semble nette ; à y regarder de plus près, l’analyse on‑chain indique qu’il s’agit plutôt d’un rallye de soulagement que d’un tournant haussier durable.
Les pertes non réalisées restent structurellement élevées
Les données de Glassnode montrent une érosion significative de la rentabilité non réalisée des détenteurs. Au sommet d’octobre 2025, les profits non réalisés étaient d’environ 1 400 milliards de dollars. Fin juin, ils n’étaient plus que d’environ 400 milliards, la valeur la plus basse observée pendant ce cycle.
| Moment | Profits non réalisés (USD) |
|---|---|
| Octobre 2025 (sommet) | 1 400 milliards |
| Fin juin 2026 (creux) | 400 milliards |
| Juillet 2026 (soulagement) | ~500 milliards |
Autre indicateur préoccupant : le Net Unrealized Profit/Loss a atteint un point bas plus profond en juin que lors du krach de février, alors que les cours étaient comparables. Cette différence traduit un transfert de pièces vers des porteurs ayant un coût d’acquisition moyen plus élevé — signe que la baisse a forcé des ventes à perte et modifié la structure des détenteurs.
Qui achète vraiment ? Les futures prennent la main
Le profil de la demande a évolué. Les données de CryptoQuant montrent que, en juillet, la demande sur les contrats futures perpétuels est redevenue positive : le cumul sur 30 jours de la demande en perpétuels est passé d’environ 30 000 à 50 000 BTC ce mois‑ci.
- La demande au comptant continue de se contracter, signe d’un intérêt institutionnel au comptant qui reste faible.
- Les contrats à terme apparaissent comme les derniers acheteurs, augmentant l’effet de levier sur une base de prix fragile.
- Pour valider une reprise structurelle, les profits non réalisés doivent revenir au‑dessus du pic du printemps, près de 580 milliards.
Conséquences et risques pour les investisseurs
La combinaison d’un coût de revient moyen relevé, de pertes latentes importantes et d’une demande qui se reporte vers les marchés dérivés accroît la vulnérabilité du prix à de nouveaux chocs. Si les acheteurs sur futures retirent leur appui ou si un catalyseur macroéconomique négatif survient, le prix pourrait corriger rapidement.
À l’inverse, une remontée durable des profits non réalisés au‑dessus de 580 milliards et un retour de la demande au comptant offriraient un signal plus convaincant qu’un simple rebond technique. À ce stade, le scénario le plus probable reste celui d’un marché fragile : un soulagement temporaire plutôt qu’une confirmation haussière.
En bref
Le mouvement vers 65 000 $ est significatif mais insuffisant pour effacer les traces du creux de fin juin. Les indicateurs on‑chain et la nature des acheteurs suggèrent une reprise encore largement dépendante des flux sur produits dérivés plutôt que d’une base acheteuse au comptant solide.