Un forum à Hanoï pour professionnaliser le marché des fusions‑acquisitions
Le 19 septembre, l'Association vietnamienne des fusions‑acquisitions (VMAA) a organisé à Hanoï un forum visant à jeter les bases d'une infrastructure juridique et de connaissances dédiée aux opérations de M&A. Les intervenants ont souligné que le seul comptage des transactions ne suffit pas : il faut un écosystème organisé pour augmenter la qualité des opérations et réduire les risques pour les parties prenantes.
La vice‑présidente et secrétaire générale de la VMAA, Mme Pham Thuy Duong, a présenté l'événement comme une étape vers la constitution d'une base de connaissances partagée, destinée à renforcer l'expertise locale et à normaliser les pratiques professionnelles. Le forum a rassemblé des représentants d'autorités de contrôle, d'institutions financières, de fonds, d'avocats, de cabinets d'audit et de conseil, ainsi que des acteurs nationaux et internationaux du secteur.
Coordination pluridisciplinaire : au‑delà des conseils juridiques
L'avocat et vice‑président de la VMAA, Nguyen Van Thai, a insisté sur la nécessité d'un écosystème capable de coordonner l'ensemble du cycle de vie d'une transaction : de la préparation à l'intégration post‑deal. Selon lui, une transaction typique mobilise plusieurs catégories d'intervenants — banques, auditeurs, avocats, cabinets d'évaluation et intermédiaires — et la valeur réelle apparaît lorsque leurs approches sont intégrées dans une stratégie commune.
« Ces trois niveaux de valeur sont inté
Pour la VMAA, cet exercice se traduit par la création de trois niveaux de valeur interdépendants : la mise en relation des compétences pertinentes, la production de connaissances spécialisées, et la transformation de ces savoirs en compétences opérationnelles. Concrètement, cela signifie offrir aux entreprises un accompagnement complet : préparation, évaluation, valorisation, négociation et exécution.
Implications pour les entreprises et les prestataires
Sur le plan opérationnel, l'initiative vise à réduire les asymétries d'information et à limiter les erreurs d'évaluation ou de structuration susceptibles d'entraîner des litiges ou des échecs post‑transaction. Pour les cabinets d'audit et d'évaluation, l'enjeu est clair : professionnaliser les méthodes et favoriser des standards communs pour faciliter la due diligence et la comparabilité des dossiers.
- Pour les entreprises : meilleure préparation des dossiers et accès à des conseillers qualifiés.
- Pour les investisseurs : réduction des risques liés à l'information et à la gouvernance.
- Pour les prestataires (banques, avocats, auditeurs) : nécessité d'harmoniser les pratiques et de monter en compétences.
Un chantier de long terme, mais structurant
La mise en place d'une telle base est un processus progressif : il passe par la formation, la production d'études et de guides méthodologiques, et par la coordination entre les régulateurs et le marché. À terme, ce cadre doit faciliter l'attraction d'investissements nationaux et étrangers en offrant plus de visibilité juridique et en diminuant les coûts de transaction induits par les incertitudes.
| Acteurs mobilisés | Rôle attendu |
|---|---|
| Autorités de régulation | Définir les règles et veiller à la transparence |
| Institutions financières | Structurer les financements et évaluer la viabilité |
| Conseils juridiques & auditeurs | Assurer la conformité et la qualité des due diligences |
| Centres de formation | Fournir les compétences requises |
Pour les observateurs internationaux, le mouvement lancé par la VMAA illustre une tendance plus large : les marchés émergents cherchent à professionnaliser leurs écosystèmes M&A pour transformer une multiplication des opérations en croissance durable et sûre. La réussite dépendra de la capacité des acteurs vietnamiens à traduire les connaissances en compétences opérationnelles et à maintenir la coopération entre secteur public et privé.
Conséquence : un marché des fusions‑acquisitions structuré peut améliorer la qualité des transactions, accroître la confiance des investisseurs et limiter les risques juridiques et financiers, mais cela requiert un effort coordonné de formation, de normalisation des pratiques et de supervision continue.