Un atelier pour rapprocher laboratoires et entreprises
Le Togo a lancé, les 15 et 16 septembre 2026, une rencontre dédiée à la valorisation économique des résultats de la recherche et de l'innovation. Organisée par la Direction de la recherche scientifique et technique (DRST) et soutenue par la Commission de la CEDEAO, la manifestation a rassemblé environ 80 participants : responsables d'instituts, innovateurs, acteurs du secteur privé, journalistes scientifiques et représentants de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo.
Constats : une production scientifique encore cloisonnée
Le Togo dispose d'un tissu universitaire et de recherche structuré : deux universités publiques opérationnelles (et une troisième en voie d'ouverture), plusieurs instituts et plus de cinquante équipes, laboratoires et instituts universitaires accrédités. Malgré cela, la transmission des résultats vers le monde économique demeure limitée. Les organisateurs identifient plusieurs verrous :
- insuffisance des liens entre chercheurs et entreprises ;
- problématiques de propriété intellectuelle ;
- faiblesse des dispositifs de transfert de technologies ;
- accès limité des sociétés à l'information scientifique.
"L'idée de cet atelier, c'est de pouvoir créer un cadre où ceux qui produisent la connaissance et ceux qui sont censés l'utiliser puissent se rencontrer, se parler et apprennent à travailler ensemble"
Cette phrase, prononcée par Dr Kossi Sénamé Dodzi, directeur de la DRST, synthétise l'objectif de l'initiative : faire dialoguer offre et demande de connaissance pour faciliter la traduction des résultats en produits et services commercialisables.
Des actions ciblées pour lever les freins
Le programme prévoit plusieurs volets opérationnels : cartographie des capacités de recherche et des besoins des entreprises, échanges d'expériences avec le Burkina Faso et le Bénin, et discussions autour des contrats de licence, du transfert de technologies, des partenariats public-privé et des start-up issues de la recherche. Parmi les innovations présentées figurent, selon les organisateurs, des solutions concrètes telles qu'un tricycle électrique, des engrais organiques, un pesticide naturel pour le cacao et des biocarburants.
Ce que cela implique pour le secteur privé et les chercheurs
Pour les entreprises, une meilleure mise en visibilité des travaux académiques peut signifier un accès accéléré à des solutions adaptées aux filières locales (agroalimentaire, transport, énergie). Pour les équipes de recherche, il s'agit d'identifier des modèles de commercialisation (licences, spin-offs) et de sécuriser la propriété intellectuelle. Au plan institutionnel, la réussite dépendra de la capacité des pouvoirs publics à instaurer des mécanismes de transfert et d'accompagnement pérennes.
Perspectives
Ce type d'atelier, soutenu par la CEDEAO et impliquant des acteurs régionaux, peut constituer une étape importante vers l'émergence d'un écosystème d'innovation plus efficient au Togo. Le défi reste celui de la mise en oeuvre : transformer des échanges et des cartographies en flux effectifs de technologies et en créations d'entreprises viables.
| Éléments | Chiffres / faits |
|---|---|
| Participants | ~80 |
| Universités publiques | 2 opérationnelles, 1 bientôt opérationnelle |
| Unités de recherche accréditées | 50+ équipes, laboratoires et instituts |