Des investigations judiciaires déclenchées après la reprise coopérative
Plusieurs opérations judiciaires, dont des perquisitions, ont été menées début septembre au siège de la verrerie Duralex, dans la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret). Le parquet d'Orléans confirme l'ouverture d'une enquête sans préciser pour l'heure les chefs poursuivis ni l'étendue exacte des investigations.
Une entreprise emblématique en redressement judiciaire
Célèbre pour ses verres «incassables», Duralex a connu une succession de procédures difficiles : la société a été placée en redressement judiciaire le 1er juin, la cinquième procédure en un peu plus de vingt ans. En 2024, la verrerie avait été reprise par ses salariés sous la forme d'une société coopérative et participative (Scop).
La levée de fonds et les interrogations sur son utilisation
En parallèle, Duralex avait mené une importante opération de financement participatif, parvenue à réunir environ 7 millions d'euros auprès de particuliers français, somme destinée à soutenir son redressement. Mais des sources proches du dossier ont fait état de «gros manquements dans la gestion» depuis la reprise, et s'interrogent sur «ce qui est advenu des sommes phénoménales» collectées à l'automne précédent :
«gros manquements dans la gestion»
Parmi les personnes susceptibles d'être visées figurent l'ancien directeur général de la verrerie, François Marciano, figure centrale de la Scop, et son fils Antoine, nommé directeur financier. Leur avocat a indiqué que l'enquête avait une portée «générale», sans apporter d'autres précisions.
Conséquences pour les salariés, les souscripteurs et le secteur
Les perquisitions et l'enquête soulèvent plusieurs enjeux :
- Pour les salariés : incertitude accrue autour du redressement et du maintien de l'activité, alors que la Scop était censée assurer la pérennité de l'usine.
- Pour les particuliers ayant investi : risque de perte de confiance si la destination des fonds levés n'est pas clarifiée et si des irrégularités sont confirmées.
- Pour le secteur verrier français : la mésaventure d'une marque symbolique peut peser sur la collecte de financements citoyens pour d'autres reprises industrielles.
Chronologie synthétique
| Événement | Date |
|---|---|
| Reprise en Scop | 2024 |
| Mise en redressement judiciaire | 1er juin 2026 |
| Perquisitions au siège | Début septembre 2026 |
| Levée de fonds citoyenne | Automne 2025 (≈7 M€) |
La procédure étant en cours, le parquet d'Orléans reste discret. Les salariés, les souscripteurs et les acteurs de la filière attendent des éclaircissements sur la gestion interne et la destination effective des fonds mobilisés. Si des irrégularités sont établies, elles pourraient avoir des répercussions juridiques et financières durables pour la Scop et affecter la confiance dans les reprises citoyennes d'entreprises industrielles.