Un agrément stratégique pour une fintech française
Le groupe Blockchain Process Security (BPS), installé à Grenoble et actif depuis 2018, a annoncé avoir obtenu auprès de l'Autorité des marchés financiers l'agrément européen prévu par le règlement MICA (Markets in Crypto-Assets). Cette validation intervient un mois après l'échéance du 4 juillet qui fixait la date limite pour les prestataires souhaitant se conformer aux nouvelles obligations.
Que change MICA pour BPS ?
MICA impose des standards proches de ceux de la finance traditionnelle en matière de protection des investisseurs, de cybersécurité, de lutte anti-blanchiment et d'exigences de fonds propres. Pour BPS, cet agrément doit permettre non seulement de renforcer son image de fournisseur sûr, mais aussi de déployer ses services sur d'autres marchés européens.
"Derrière cet agrément, il y a des mois de travail, des exigences très élevées et surtout une volonté forte: construire une infrastructure crypto digne de confiance et alignée avec les standards du secteur financier européen",
déclarent Chloé Desenfans et Nicolas Marchesse, fondateurs du groupe. Leur discours met l'accent sur la conformité et la fiabilité, deux enjeux essentiels pour attirer des clients institutionnels ou des partenaires régulés.
Un portefeuille d'activités diversifié
Depuis sa création, le groupe BPS a développé plusieurs lignes d'activité : mining (exploitation de matériel de validation), solutions de paiement et services de gestion de patrimoine. Parmi ses entités figurent notamment Feel Mining, Wigl et Othila, qui couvrent différentes étapes de la chaîne de valeur crypto.
- Objectif immédiat : consolider l'offre en France.
- Ambition européenne : profiter de l'agrément pour pénétrer d'autres marchés de l'UE.
- Contrainte : les exigences réglementaires et opérationnelles restent élevées et contrôlées par l'AMF.
Où en est le marché réglementé ?
Entré en vigueur fin 2024, le règlement MICA vise à professionnaliser durablement le secteur des crypto-actifs. Selon les éléments publiés, à ce jour seuls 33 prestataires ont obtenu cet agrément auprès de l'AMF, ce qui souligne la sélectivité du processus et le niveau des exigences demandées.
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Année de création du groupe BPS | 2018 |
| MICA entrée en vigueur | fin 2024 |
| Date limite pour l'agrément | 4 juillet |
| Prestataires agréés à date (AMF) | 33 |
Conséquences et risques
Pour le secteur français, l'agrément de BPS est une bonne nouvelle en matière de crédibilité : il démontre qu'une fintech nationale peut répondre aux exigences européennes. En revanche, l'obtention de l'agrément n'est pas une garantie de succès commercial : il faudra convertir la conformité en clients, en volumes d'actifs sous garde et en partenariats. Par ailleurs, la spécialisation de BPS dans des segments variés (mining, paiements, gestion de patrimoine) l'expose à des risques opérationnels et de marché distincts.
Dans un paysage où la confiance reste fragile et où la régulation se durcit, l'étape franchie par BPS illustre la tension persistante entre innovation technologique et impératifs de contrôle. Reste aux dirigeants à démontrer qu'ils sauront transformer cet agrément en avantage concurrentiel tangible.