Un cap : stabiliser la fiscalité générale tout en relevant les recettes
Le gouvernement annonce qu'il ne proposera « pas de hausse généralisée d'impôts » dans le projet de budget 2027. Cette position, répétée par l'exécutif, se traduit par une volonté de préserver les grands leviers fiscaux — pas d'augmentation générale des taux, pas de gel du barème de l'impôt sur le revenu lié à l'inflation et pas de hausse de la TVA — tout en cherchant à relever les recettes par d'autres canaux.
Comment l'État compte augmenter les recettes
Plutôt que d'augmenter uniformément les impôts, le gouvernement cible des mesures ciblées : diminution d'abattements (notamment pour les retraités) et fiscalisation de certaines indemnités journalières, ainsi que une réduction de certaines niches fiscales. Le ministre de l'Économie a indiqué que l'objectif est d'éviter un choc fiscal pour l'ensemble des contribuables tout en corrigeant des dispositifs jugés dommageables ou peu efficaces.
- Abattement des retraités : le gouvernement envisage de le réduire, ce qui augmenterait l'imposition des pensions au-delà du niveau actuel.
- Indemnités journalières : certaines pourraient être soumises à l'impôt sur le revenu, ce qui modifierait la prise en compte des arrêts maladie et autres prestations.
- Réduction de niches : l'exécutif prévoit d'éroder des dispositifs dérogatoires, en ménageant toutefois « les plus importantes » comme les services à la personne, le crédit d'impôt recherche et le pacte Dutreil.
Un effet net attendu sur le niveau global de prélèvements
Selon les documents budgétaires transmis par le gouvernement, le taux de prélèvements obligatoires — l'ensemble des impôts, taxes et cotisations sociales perçus par les administrations publiques — devrait atteindre 44,2 % du PIB en 2027, contre 43,9 % en 2026. Cette progression de 0,3 point correspond à environ 9 milliards d'euros, d'après les mêmes sources.
| Année | Taux de prélèvements obligatoires |
|---|---|
| 2025 | 43,6 % |
| 2026 | 43,9 % |
| 2027 (prévision) | 44,2 % |
Les mesures jugées intouchables
Le Premier ministre a assuré que certaines niches majeures ne seraient pas remises en cause. Sont explicitement préservées :
- le crédit d'impôt pour les services à la personne (50 % pour les dépenses de ménage, garde d'enfants, etc.),
- le crédit d'impôt recherche pour les entreprises,
- le pacte Dutreil visant les transmissions d'entreprises.
Un discours politique et des marges de manœuvre limitées
Le gouvernement met en avant des contraintes à la fois politiques et techniques : une présidentielle à venir, la volonté affichée de stabilité fiscale et le refus d'un recours massif aux leviers traditionnels. Pour compenser, il compte sur la lutte contre la fraude — objectif de 1 milliard d'euros de recettes supplémentaires selon les textes budgétaires — et sur une taxation plus sélective des avantages fiscaux. Ces choix impliquent des arbitrages politiques sensibles, notamment sur le pouvoir d'achat des retraités et la prise en charge des risques (arrêts maladie).
« Il n'est pas à ce gouvernement de toucher aux grands leviers fiscaux », a déclaré le Premier ministre.
Les débats à venir porteront donc sur la définition précise des niches ciblées, l'ampleur des réductions d'abattement et l'équilibre entre recettes nouvelles et mesures préservées. À court terme, l'exécution du budget 2027 testera la capacité du gouvernement à concilier l'exigence de recettes supplémentaires avec la promesse d'une (stabilité fiscale) pour la plupart des contribuables.