Un discours sur la fragilité économique et le rôle des chefs d'entreprise
À l'occasion de la Rentrée des entreprises romandes tenue mardi 19 août 2026 à la Halle 6 de Palexpo, le directeur de la FER Genève a souligné les risques et les défis qui pèsent sur l'économie genevoise. Il a rendu hommage à ceux qui prennent des risques, investissent, forment et créent des emplois, et a livré un diagnostic clair sur la situation actuelle de l'emploi et de la compétitivité.
«Diriger une entreprise aujourd’hui demande du courage»
Ces mots résument l'état d'esprit décrit par la fédération : malgré des acteurs qui continuent d'investir, plusieurs indicateurs inquiètent. La perspective de croissance annoncée pour 2026 reste limitée, le marché du travail montre des signes de tension, et les préoccupations des entreprises convergent principalement vers la mobilité.
Des chiffres qui donnent le tempo
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Croissance prévue pour 2026 | 1,2 % |
| Chômage | À des niveaux comparables à ceux de la crise du Covid-19 |
| Entreprises citant la mobilité comme préoccupation | Plus de 80 % |
Ces données, mentionnées par la FER Genève, dessinent un double enjeu : soutenir la croissance au-delà d'une hausse modeste tout en résorbant des tensions sur l'emploi rappelant des périodes de crise récente.
Ce que cela change pour les salariés et les employeurs
Pour les salariés, un chômage à des niveaux comparables à ceux du confinement signifie une incertitude durable sur la recherche d'emploi et la stabilité des postes. Pour les employeurs, la crainte exprimée autour de la mobilité n'est pas anodine : elle touche l'accès aux talents, les coûts logistiques et la possibilité de maintenir l'attractivité d'un bassin d'emploi dense mais sensible aux contraintes de transport.
- Recrutement : l'accès aux travailleurs qualifiés peut se détériorer si la mobilité reste problématique.
- Formation : les entreprises qui investissent dans la formation deviendront plus centrales pour compenser des tensions sur le marché du travail.
- Investissement : une croissance de 1,2 % offre peu de marge pour des projets lourds sans soutien public ou incitations privées.
Des implications pour les politiques publiques
La concentration des inquiétudes sur la mobilité appelle des réponses ciblées : amélioration des transports, incitations au télétravail équilibrées, ou politiques territoriales facilitant l'accès à l'emploi. Autre point : un chômage revenu à des niveaux de crise impose de maintenir des dispositifs d'accompagnement et des mesures actives sur l'emploi pour éviter une dégradation durable du capital humain local.
En l'état, le message est clair : les dirigeants, au sens large — entreprises et décideurs publics — devront agir de concert pour éviter que des faiblesses structurelles n'érodent l'attractivité et la capacité de création d'emplois de Genève.
À court terme, la priorité est de stabiliser l'emploi et de sécuriser les conditions de mobilité pour permettre aux entreprises de continuer à recruter et investir. À moyen terme, il faudra s'interroger sur les recettes pour soutenir une croissance qui reste timide et préserver la résilience du marché du travail.