Haseeb Qureshi, associé directeur du fonds Dragonfly, livre un diagnostic sans concession sur l'histoire des marchés crypto : selon lui, la stratégie ayant le plus souvent porté ses fruits a été la plus simple — rester investi en Bitcoin malgré les importants replis.
« Vous n'avez tout simplement pas fait la chose évidente, qui est de rester sur le marché. »
Un constat fondé sur des replis historiques
Qureshi rappelle son expérience personnelle : entré dans la cryptosphère fin 2017, il a vu le Bitcoin chuter de 19 000 à 4 000 dollars et l'Ethereum passer sous la barre des 100 dollars. Ce recul lui sert d'illustration pour affirmer que beaucoup d'investisseurs qui ont abandonné après ces épisodes n'ont pas ensuite réalisé de gains significatifs.
| Année / période | Événement cité | Illustration chiffrée |
|---|---|---|
| Fin 2017 – 2018 | Krach post‑bull market | BTC: 19 000 → 4 000 $ ; ETH: < 100 $ |
Pourquoi garder ses positions ?
Pour Qureshi, une partie du succès du capital‑risque tient à sa mécanique : les investisseurs sont souvent verrouillés (lock‑up) et ne peuvent vendre rapidement, ce qui les force à traverser les phases baissières et capter la reprise. Il avance que, pour l'instant, les institutions classiques n'ont que des positions marginales en cryptomonnaies — souvent autour d'1% de leur allocation selon les partenaires institutionnels de Dragonfly —, ce qui laisse un potentiel de hausse si l'allocation venait à augmenter.
- Point technique : la contrainte contractuelle (lock‑up) peut fonctionner comme un frein aux ventes panique.
- Point structurel : l'adoption institutionnelle reste faible, d'où une marge de progression pour les prix si l'allocation monte.
- Point comportemental : abandonner après une chute revient souvent à manquer la reprise.
Volatilité et perception : pas (encore) de « or numérique »
Qureshi nuance : le Bitcoin n'est pas encore l'équivalent de l'or en termes de stabilité, et c'est précisément cette volatilité qui rend l'actif risqué. Dire que la stratégie « conserver coûte que coûte » est infaillible relève d'une lecture historique — elle reflète les trajectoires observées — mais ne garantit pas l'avenir. Ici, l'argument repose sur des comportements de marché et sur l'hypothèse que l'adoption institutionnelle augmentera.
Conséquences pour les investisseurs français
Pour les épargnants et conseillers en France, l'analyse invite à distinguer horizon et tolérance au risque. Rester exposé au Bitcoin pendant une décennie demande une capacité à supporter des amplitudes de prix importantes. Le propos de Qureshi est utile comme cadre pédagogique : il rappelle qu'une part d'inertie forcée (contrats, mandat de long terme) change le profil de rendement, mais ne dispense pas d'une évaluation du risque.
En résumé, le message est simple et tranché : selon Qureshi, la « chose évidente » que beaucoup n'ont pas faite est de ne pas quitter le marché lors des replis. C'est un éclairage utile pour comprendre pourquoi certains investisseurs ont capté la hausse post‑crashes ; mais il reste tributaire d'hypothèses sur l'augmentation future des allocations institutionnelles et sur la poursuite d'une dynamique haussière à long terme.