Un appel à ouvrir un PLFR « dès fin août »
Éric Coquerel, président (La France insoumise) de la commission des finances de l'Assemblée nationale, a demandé qu'un projet de loi de finances rectificative (PLFR) soit déposé et discuté dans le cadre d'une session extraordinaire « dès fin août », afin d'augmenter les crédits destinés à la lutte contre les méga‑feux et au renforcement des capacités opérationnelles des services de secours.
Pourquoi une rectification budgétaire maintenant ?
Dans un message publié sur X et précisé dans un courrier adressé au Premier ministre, il estime qu'il est impératif d'engager sans attendre les investissements nécessaires et de mobiliser rapidement des financements pour soutenir les territoires sinistrés. Selon lui, les besoins d'urgence ne peuvent pas attendre la loi de finances 2027 ou une ouverture de crédits en janvier.
"Les incendies de l’été nécessitent d’ouvrir des crédits d’urgence. Cela ne peut attendre janvier et la loi de finances 2027."
Quel montant et quelles pistes de financement ?
Le député anticipe que le chiffrage final de l'intervention publique nécessitera une mission flash à la rentrée, mais avance d'emblée l'hypothèse d'un besoin de l'ordre de plusieurs milliards. Il souligne qu'au‑delà d'un seuil de 12 milliards d'euros, l'État est tenu de recourir à un PLFR.
| Élément | Montant/observation |
|---|---|
| Seuil déclenchant le PLFR | 12 milliards d'euros |
| Taxe proposée sur TotalEnergies (exemple avancé) | 2 milliards d'euros (chiffrage avancé par l'auteur de la demande) |
La taxation des « superprofits » comme option
Parmi les pistes proposées pour récolter des ressources exceptionnelles, Éric Coquerel évoque la taxation des multinationales qui ont réalisé des « superprofits », en référence au mécanisme utilisé lors de la crise sanitaire. Il cite explicitement TotalEnergies comme « l'entreprise française qui a fait le plus de bénéfices » et avance que le groupe pourrait supporter une contribution exceptionnelle d'environ 2 milliards d'euros.
Conséquences politiques et pratiques
- Si un PLFR est engagé et chiffré au‑delà de 12 milliards, il devra suivre une procédure budgétaire spécifique et provoquer un débat parlementaire en session extraordinaire.
- La proposition d'une taxe ciblée sur les bénéfices des multinationales relance le débat sur l'utilisation de recettes exceptionnelles pour des dépenses d'urgence et sur l'équité fiscale.
- La « mission flash » prévue devrait préciser le coût global et permettre d'identifier les priorités d'affectation (renforcement des moyens aériens et terrestres, indemnisation des territoires sinistrés, aide aux collectivités...).
Le calendrier est contraint : l'exigence d'ouverture rapide de crédits réunit urgence opérationnelle et nécessités budgétaires. Reste à connaître la réponse du gouvernement et l'ampleur réelle des besoins une fois la mission d'estimation menée à la rentrée.