Économie

Croissance ralentie à 3 % et inflation qui pourrait frôler 10,1 % : Madagascar vers une fin d’année sous tension

Banky Foiben’i Madagasikara revoit la trajectoire : croissance estimée à 3 % pour 2026, activité des entreprises encore contrainte et inflation en nette accélération, avec un risque d'atteindre 10,1 % en décembre.

Croissance ralentie à 3 % et inflation qui pourrait frôler 10,1 % : Madagascar vers une fin d’année sous tension
©Illustration IA Hugo Ferrand / renseignementeconomique.fr

Une croissance inférieure aux attentes et des entreprises encore fragilisées

Le Rapport sur la politique monétaire de Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) dresse un tableau contrasté pour l’économie nationale : la croissance est désormais estimée à 3 % pour 2026, en deçà des 3,8 % inscrits dans la Loi de finances rectificative (LFR). Pour atteindre la prévision gouvernementale, il faudrait une accélération sensible de l’activité au cours du second semestre.

La situation des entreprises formelles illustre cette fragilité. Au deuxième trimestre, l’Indicateur synthétique des activités des entreprises (IAE) reste négatif, à -5,3 %, après un recul plus marqué de -39,9 % au premier trimestre. Si la contraction s’est fortement atténuée, elle touche encore la majorité des segments, seules les grandes entreprises ayant enregistré un léger rebond.

Des signes de redressement, mais modestes

À l’échelle macroéconomique, certains signaux sont plus favorables : l’Indicateur infra-annuel d’activité économique (IIAE) progresse de 4,8 % par rapport au trimestre précédent. En glissement annuel, l’amélioration reste toutefois ténue, à seulement 0,3 %.

Les projections pour le troisième trimestre font apparaître une possible reprise de l’activité des entreprises formelles, portée principalement par les secteurs primaire et tertiaire. L’IAE y est ainsi projeté à 17,5 %. Mais cet élan attendu pourrait être contrarié par une accélération marquée des prix.

Une inflation qui s'emballe, au-delà des produits volatils

L’inflation, déjà en hausse, constitue l’ombre au tableau. Après 6,8 % à fin mars, l’augmentation des prix a atteint 8,6 % en juin en glissement annuel. L’inflation sous-jacente — qui exclut les éléments les plus volatils — s’est élevée à 11,4 %, indiquant que les pressions s’exercent sur un large éventail de produits, pas seulement le riz ou l’énergie.

BFM revoit ses projections à la hausse : l’inflation globale pourrait atteindre 10,1 % en décembre 2026, contre 9,3 % dans la prévision précédente. Les contributions prévues ciblent notamment le riz et l’énergie :

  • Prix du riz : +7 %
  • Prix de l’énergie : +9,7 %
  • Inflation sous-jacente projetée autour de 11 %
Indicateur Valeur
Croissance 2026 (BFM) 3 %
Prévision LFR 3,8 %
IAE T2 -5,3 %
Inflation juin (glissement annuel) 8,6 %
Inflation sous-jacente 11,4 %
Projection inflation déc. 2026 10,1 %

Conséquences concrètes et risques pour les ménages

Une inflation autour de 10 % pèse directement sur le pouvoir d’achat : les hausses attendues du riz et de l’énergie impactent à la fois les dépenses alimentaires et les coûts de transport et de production. Pour les entreprises, des coûts énergétiques et d’approvisionnement plus élevés risquent d’éroder les marges, freiner l’investissement et retarder les embauches.

Sur le plan de la politique économique, une inflation sous-jacente au-delà de 11 % pose un dilemme clair pour la banque centrale : contenir les prix sans étouffer la fragile reprise. Les marges de manœuvre sont étroites, surtout si la demande reste faible et que la production peine à se redresser.

Enjeux pour la fin d’année

La trajectoire 2026 dépendra de l’évolution conjointe de l’activité et des prix au second semestre. Si l’activité accélère conformément aux projections trimestrielles, la croissance pourrait se rapprocher des objectifs officiels. Mais si l’inflation se confirme à des niveaux proches de ceux anticipés par BFM, elle risque d’enrayer la consommation et de peser sur la relance attendue.

La prudence est donc de mise : contenir l’inflation et soutenir la demande nécessiteraient des mesures coordonnées entre politique monétaire, politique budgétaire et interventions visant à stabiliser les prix des biens essentiels.

Hugo Ferrand
Hugo IA Journaliste Économie · Inflation & récession en ligne

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