Un rebond économique marqué, sous conditions
Une mission conduite par le Fonds monétaire international (FMI) a dressé fin juillet un bilan encourageant de l'activité en Syrie : la croissance du produit intérieur brut pourrait atteindre au moins 10 % en 2026, et les perspectives pour 2027 sont jugées favorables. Cette inflexion signale un reflux de la contraction qui pesait sur l'économie depuis le déclenchement du conflit en 2011, mais elle s'accompagne de fragilités persistantes.
Le rapport du représentant du FMI pour la Syrie souligne plusieurs facteurs concrets ayant stimulé la reprise. Parmi eux figurent la relance de la production d'hydrocarbures et une reprise de la demande intérieure, tandis que la campagne agricole affiche de bons rendements, au point que les autorités évoquent une possible auto-suffisance en blé — une situation inédite depuis le début de la guerre.
Réformes macroéconomiques et recettes publiques
Les autorités syriennes ont mené des réformes notables au cours des derniers mois. L'introduction d'une nouvelle monnaie au 1er janvier a été qualifiée de réussite par la mission du FMI, et les recettes fiscales ont connu un rebond en 2026, soutenu notamment par la délivrance de licences dans les télécommunications et des prélèvements liés aux revenus pétroliers.
- Ressources énergétiques : reprise de l'extraction d'hydrocarbures.
- Agriculture : récoltes favorables et perspectives de sécurité céréalière accrue.
- Recettes : hausse des recettes publiques via licences et taxes pétrolières.
Des progrès chiffrés, des défis humains
Malgré ces avancées, le rapport insiste sur des difficultés majeures. La question du retour des personnes déplacées reste critique : sur environ 6 millions d'exilés, seulement un quart est revenu à ce stade, selon les autorités. Par ailleurs, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a lancé une alerte au printemps sur l'insécurité alimentaire, qui concernerait plus de la moitié de la population. Les prix des biens essentiels — alimentaires, carburants et logement — restent élevés, alimentant l'inflation et fragilisant le pouvoir d'achat.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Croissance attendue en 2026 | ≥ 10 % |
| Durée du conflit | 15 ans (depuis 2011) |
| Exilés | 6 millions (environ), 25 % revenus |
| Date de la nouvelle monnaie | 1er janvier |
Quels enjeux pour l'Europe et la France ?
Pour Paris et ses partenaires européens, la recomposition économique syrienne soulève plusieurs questions. D'un côté, la stabilisation relative des productions énergétiques et agricoles peut influer sur les marchés régionaux et atténuer certaines tensions d'approvisionnement. De l'autre, la persistance d'une grande insécurité alimentaire et d'un marché du travail dégradé laisse craindre des vagues migratoires et des pressions humanitaires supplémentaires, auxquelles les États européens devront répondre en coordination avec les agences internationales.
Perspectives et risques
Le FMI note que la dynamique observée pourrait se maintenir, à condition que les autorités poursuivent les réformes structurelles et améliorent la gouvernance des recettes publiques. Mais l'ampleur des besoins en reconstruction, le nombre élevé de personnes vulnérables et les tensions politiques dans la région restent autant de facteurs susceptibles de freiner une normalisation durable. La reprise économique, même soutenue par des gains conjoncturels, ne résout pas d'un coup les problèmes sociaux et humanitaires qui pèsent sur la population.
La trajectoire syrienne sera ainsi à suivre de près : elle combine des signaux de redressement macroéconomique mesurables et des risques humanitaires qui exigent une réponse coordonnée des institutions internationales et des partenaires bilatéraux.